Le treizième mois peut améliorer les droits acquis pendant la carrière, mais il ne devient pas automatiquement une treizième mensualité de pension une fois à la retraite.
Le changement peut surprendre les salariés habitués à recevoir cette prime chaque année. Au moment du départ, le treizième mois ne continue pourtant pas à être versé sous la même forme par l’Agirc-Arrco.
La distinction essentielle se situe entre la rémunération touchée pendant l’activité et les points de retraite complémentaire accumulés grâce aux cotisations.
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Pas de treizième mensualité automatique avec l’Agirc-Arrco
La pension complémentaire Agirc-Arrco ne reprend pas séparément chaque élément qui composait l’ancien salaire. Elle correspond aux droits constitués au cours de la carrière, puis convertis en pension lors du départ à la retraite.
Un salarié qui recevait un treizième mois ne doit donc pas s’attendre à percevoir, en plus de ses versements habituels, une mensualité supplémentaire portant le même nom. Le passage à la retraite met fin au versement de la prime par l’employeur.
Cette règle ne dépend pas du simple fait d’avoir été affilié à l’Agirc-Arrco. La pension complémentaire repose sur les points inscrits au compte du salarié, et non sur la reproduction du calendrier de paie appliqué par son ancienne entreprise.
La prime peut toutefois compter dans les droits acquis
La disparition du treizième mois comme paiement distinct ne signifie pas nécessairement qu’il n’a produit aucun effet sur la retraite. Lorsqu’une prime a été intégrée à la rémunération soumise aux cotisations de retraite complémentaire, elle a pu contribuer à l’acquisition de points Agirc-Arrco.
Son influence se retrouve alors dans le montant des droits accumulés, pas sous la forme d’un versement annuel isolé. Deux anciens salariés ayant reçu un treizième mois peuvent d’ailleurs obtenir des pensions différentes selon leur rémunération, leur durée de carrière et le nombre total de points acquis.
L’enjeu financier dépasse cette seule prime. La Drees confirme officiellement une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois pour les retraités français en 2024. Cette moyenne nationale masque toutefois des écarts importants entre les parcours professionnels et ne permet pas de calculer une pension individuelle.
Les documents à contrôler avant le départ
Le relevé de carrière et le relevé de points Agirc-Arrco permettent de vérifier les droits enregistrés année après année. Une prime soumise à cotisations doit normalement avoir participé au calcul des points de l’année pendant laquelle elle a été versée.
En cas d’écart entre les rémunérations déclarées et les droits affichés, les bulletins de salaire ainsi que les attestations de l’employeur peuvent servir à demander une vérification. Le traitement dépendra alors de la période concernée et des justificatifs disponibles.
La réponse à la question du treizième mois tient donc en deux temps : aucune prime supplémentaire ne suit automatiquement le salarié à la retraite, mais les cotisations prélevées sur cette rémunération peuvent déjà être intégrées à sa pension complémentaire. Une vérification du relevé individuel reste nécessaire pour mesurer cet effet dans chaque dossier.
