Le seuil de 2 034 euros par mois permet de cerner les retraités qui pourraient subir un gel de leur pension de base, mais cette limite reste une hypothèse de travail pour le budget 2027.
Le gouvernement cherche à réduire d’un tiers le déficit de la Sécurité sociale en 2027. Celui-ci atteindrait au moins 23,2 milliards d’euros en 2026, d’après les chiffres présentés par le ministre des Comptes publics David Amiel.
Parmi les économies envisagées figure une revalorisation moins favorable de certaines pensions. Sébastien Lecornu a assuré que les petites retraites seraient protégées, sans annoncer de barème définitif ni préciser la manière dont les revenus seraient calculés.
Le seuil de 2 034 euros viserait les pensions de base les plus élevées
La piste la plus directe consisterait à geler la pension de base des retraités percevant au moins 2 034 euros par mois. Leur pension resterait alors stable en euros, même si les prix augmentent.
Le seuil ne signifierait donc pas une baisse du montant versé. En revanche, l’absence de revalorisation entraînerait une perte de pouvoir d’achat correspondant à l’inflation constatée sur la période. Les pensions de base sont normalement revalorisées en fonction de l’évolution des prix.
Une seconde tranche est également évoquée. Entre 1 260 et 2 034 euros mensuels, les pensions pourraient être sous-indexées : elles augmenteraient, mais moins vite que l’inflation. En dessous de 1 260 euros, la promesse de protéger les petites retraites laisse envisager le maintien d’une revalorisation normale, sans garantie juridique à ce stade. Découvrez notre article sur le budget 2027 : les petites retraites seraient protégées, mais tous les pensionnés ne sont pas à l’abri.
Plusieurs éléments indispensables manquent encore. Il n’est pas précisé si les montants de 1 260 et 2 034 euros seraient appréciés en brut ou en net, ni si le calcul porterait uniquement sur la pension de base. La prise en compte individuelle ou à l’échelle du foyer doit également être clarifiée.
La retraite complémentaire ne doit pas être confondue avec la pension de base
Le seuil évoqué concerne une possible décision sur les pensions de base. Il ne permet pas d’affirmer que la retraite complémentaire Agirc-Arrco serait gelée selon les mêmes règles.
Les deux régimes reposent sur des mécanismes différents. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2019, tous les salariés acquièrent des points Agirc-Arrco et disposent d’un seul compte de points, comme l’explique l’Agirc-Arrco. La pension complémentaire dépend du nombre de points accumulés et de leur valeur de service.
Un retraité qui reçoit plus de 2 034 euros en additionnant sa pension de base et sa complémentaire ne peut donc pas encore conclure qu’il entrerait automatiquement dans la tranche visée. Il faudra attendre le texte budgétaire pour savoir si le seuil porte sur la seule pension de base ou sur un revenu de retraite plus large.
Cette distinction est décisive pour évaluer l’impact réel de la mesure. Deux personnes percevant le même total mensuel peuvent avoir une répartition très différente entre régime de base et complémentaire.
Le gel des pensions n’est encore qu’une piste parmi plusieurs
Le gouvernement hésite entre plusieurs leviers. À côté du gel ou de la sous-indexation des pensions, il envisage de modifier l’avantage fiscal accordé aux retraités.
Les pensions bénéficient actuellement d’un abattement fiscal de 10 %, plafonné à 4 439 euros par an. Une hypothèse ramènerait ce plafond à 3 000 euros. Cette modification rapporterait 1,4 milliard d’euros de recettes supplémentaires selon une estimation attribuée à une source gouvernementale par l’AFP.
Les conséquences seraient différentes. Un gel toucherait directement l’évolution de la pension versée. Une baisse du plafond fiscal augmenterait plutôt le revenu imposable de certains foyers, sans réduire le montant brut de leur retraite.
Le seuil de 2 034 euros constitue donc un repère utile, mais pas encore un critère applicable. Les retraités situés au-dessus de ce montant peuvent suivre l’évolution du projet, tandis que ceux placés entre 1 260 et 2 034 euros pourraient être concernés par une hausse limitée. Aucun de ces scénarios ne pourra être calculé précisément avant la publication du barème, de son périmètre et de ses modalités dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Découvrez aussi notre article sur les retraités du privé : pourquoi la projection de 2 % ne permet pas encore de calculer votre future pension.
