Une maison de vacances gardée pour soi, sans location, peut peser sur votre pension de réversion : l’Assurance retraite répute qu’un bien non loué vous rapporte 3 % de sa valeur chaque année, même s’il ne vous verse pas un euro.
La réversion du régime général représente 54 % de la retraite de base du conjoint décédé. Elle s’ouvre à partir de 55 ans et reste réservée aux personnes mariées ou qui l’ont été, pas aux couples pacsés.
Ce droit est versé sous condition de ressources. En 2026, vos ressources ne doivent pas dépasser 25 001,60 € par an si vous vivez seul, soit 2 080 fois le SMIC horaire brut. Le plafond passe à 40 002,56 € si vous vivez de nouveau en couple.
La règle des 3 % : quand un bien vide devient un revenu
Les articles R353-1 et R815-25 du code de la sécurité sociale portent une règle peu connue. Un bien immobilier ou mobilier qui ne rapporte rien est censé procurer chaque année 3 % de sa valeur vénale, c’est-à-dire du prix auquel il pourrait se vendre.
Une maison estimée à 250 000 € ajoute ainsi 7 500 € par an au total examiné par la caisse. Si vous déclarez 18 000 € de revenus par ailleurs, le total atteint 25 500 €, au-dessus du plafond de 25 001,60 €.
La réversion n’est pas supprimée pour autant : elle baisse du montant du dépassement, soit 498,40 € par an dans ce cas. Avec une maison estimée à 200 000 €, le revenu compté tombe à 6 000 €, le total à 24 000 €, et la pension reste entière. Découvrez notre article sur cette maison qui rassure peut aussi priver de pension de réversion, un paradoxe que beaucoup de retraités ignorent encore.
Ce qui compte, ce qui n’entre pas dans les ressources
La règle des 3 % ne vise que les biens qui ne produisent aucun revenu. Sont comptés à 3 % de leur valeur chaque année :
- La maison de vacances inoccupée, gardée pour vous ou la famille, sans location.
- Le terrain qui ne rapporte rien : un terrain à bâtir, un pré ou un bois que personne ne loue.
- L’appartement vide, en attente de vente ou de travaux, sans locataire.
- Le capital qui dort : une somme laissée sur un compte qui ne rapporte aucun intérêt.
D’autres biens échappent au calcul. Votre résidence principale n’est jamais comptée, quelle que soit sa valeur. Les biens reçus du conjoint décédé sont exclus. Et un bien loué compte pour les loyers réellement perçus, pas pour 3 % de sa valeur.
Précision sur le capital qui dort : même placée, une épargne ne suit pas toujours l’inflation. D’après Hagnéré Patrimoine, le Livret A à 1,50 % en 2026 fait perdre à votre épargne 0,60 % de pouvoir d’achat par an face à l’inflation.
Bon à savoir : la caisse examine d’abord vos ressources des 3 mois précédant la demande et les compare au quart du plafond, soit 6 250,40 € pour une personne seule. À défaut, elle retient les 12 derniers mois.
Louer ou laisser vide : ce qui change pour votre réversion
Un bien loué ne compte plus pour 3 % de sa valeur, mais pour les loyers que vous en tirez. Pour une maison estimée à 250 000 €, le revenu compté à vide est de 7 500 € par an, soit 625 € par mois.
Deux situations se distinguent. Si le loyer dépasse 625 € par mois, vous comptez plus de revenus qu’à vide et la baisse peut s’accentuer, même si le loyer vous fait vivre. S’il reste en dessous, le total retenu baisse par rapport au bien vide, ce qui peut vous ramener sous le plafond.
La réversion complémentaire Agirc-Arrco, de 60 %, est versée sans condition de ressources : votre maison de vacances n’y change rien. En revanche, elle est perdue en cas de remariage. Retrouvez aussi notre article sur être propriétaire rassure pour la retraite, mais votre maison peut bloquer la pension de réversion.
Louer ou garder vide ne se décide pas sur la seule réversion : le loyer encaissé, les charges et vos projets pèsent tout autant. Avant de trancher, estimez honnêtement la valeur de vos biens non loués, comparez le loyer possible au revenu compté à vide, et déposez quand même la demande : un dépassement réduit la pension sans la supprimer.
