Un décret publié juste après Noël modifie le financement des retraites des fonctionnaires d’État. Depuis le 1er janvier 2026, les employeurs publics versent davantage au régime de retraite… sans que cela n’augmente ni le salaire net des agents, ni le montant futur de leur pension.
Un taux employeur porté à 82,28 %
Le décret n°2025-1341, publié par le ministère de l’Action et des Comptes publics le 26 décembre 2025, relève le taux de contribution employeur au compte d’affectation spéciale (CAS) « Pensions ».
Concrètement :
- En 2024 : 74,28 %
- En 2025 : 78,28 %
- En 2026 : 82,28 %
En deux ans, la contribution a donc augmenté de 8 points. Cette hausse concerne les fonctionnaires civils de l’État (enseignants, policiers, magistrats, personnels administratifs, etc.).
Il s’agit exclusivement d’une augmentation de la part versée par l’employeur public. Le salaire net des agents reste inchangé.
Comment sont calculées ces cotisations ?
Le taux de 82,28 % s’applique à la « rémunération brute ouvrant droit à pension » (RBOP). Cette base inclut :
- Le traitement indiciaire brut (calculé à partir de l’indice majoré et de la valeur du point d’indice)
- Certaines primes comme la nouvelle bonification indiciaire (NBI)Exemple concret
Un fonctionnaire avec :
- 2 500 € de traitement indiciaire brut
- 200 € de NBI
➡ Soit une RBOP de 2 700 €
L’employeur verse alors :
82,28 % de 2 700 € = 2 221,56 €
À cela s’ajoute la cotisation salariale retraite de 11,10 %, soit :
11,10 % de 2 700 € = 299,70 € prélevés sur le salaire brut de l’agent.
Au total, pour un traitement indiciaire de 2 500 €, plus de 2 500 € sont versés au régime de retraite.
Pourquoi une telle hausse ?
Cette augmentation vise à équilibrer le financement du régime des fonctionnaires civils de l’État, géré par le Service des retraites de l’État (SRE).
Le déséquilibre démographique est marqué :
- En 2025 : environ 1,66 million de retraités civils
- Environ 1,5 million de fonctionnaires civils actifs titulaires
Il y a donc aujourd’hui plus de retraités à financer que d’actifs cotisants.
Aucun impact sur la pension future
Point important : cette hausse du taux employeur ne modifie ni :
- Le calcul des pensions
- Le taux de cotisation salariale
- Le niveau des futures retraites
La pension d’un fonctionnaire reste calculée principalement sur le traitement indiciaire des six derniers mois (hors primes non intégrées).
Un coût budgétaire plus lourd pour l’État
Cette mesure alourdit le coût global d’un fonctionnaire pour son administration, qu’il s’agisse d’un ministère ou d’un établissement public. Elle vise à sécuriser le financement des pensions et des prestations d’invalidité dans un contexte de vieillissement marqué de la population des anciens agents.
En résumé : les cotisations augmentent fortement côté employeur, mais les fonctionnaires ne verront aucune amélioration directe de leur pension.
