Alors que les tensions internationales se multiplient entre l’Ukraine, le Moyen-Orient et l’Asie, beaucoup de retraités s’interrogent sur la sécurité de leur épargne. Pourtant, la principale menace pour leurs économies ne vient pas forcément des conflits eux-mêmes, mais d’un phénomène bien plus discret : l’érosion du pouvoir d’achat de l’argent.
Une inquiétude grandissante chez les retraités
Les images de conflits et de tensions géopolitiques se succèdent depuis plusieurs années. Cette instabilité alimente de nombreuses interrogations, notamment chez les retraités qui ont souvent constitué une épargne importante au fil de leur vie.
Certains redoutent un blocage du système bancaire, d’autres évoquent la possibilité de mesures exceptionnelles sur les comptes. Mais l’histoire économique montre que les risques les plus fréquents sont généralement moins spectaculaires.
Dans la plupart des crises majeures, l’épargne n’est pas directement confisquée. En revanche, sa valeur réelle peut diminuer progressivement sous l’effet de l’inflation et de taux d’intérêt trop faibles.
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L’illusion de sécurité des placements en euros
Pour protéger leur capital, de nombreux retraités privilégient les placements considérés comme les plus sûrs : comptes courants, Livret A, LDDS, plans d’épargne logement ou fonds en euros de l’assurance-vie.
Ces supports offrent une garantie du capital en euros, ce qui rassure naturellement les épargnants. Mais cette sécurité nominale peut parfois masquer une réalité différente.
Lorsque l’inflation dépasse le rendement des placements, le pouvoir d’achat de l’épargne recule. Par exemple, un livret rapportant 3 % par an alors que l’inflation atteint 5 % entraîne une perte réelle de 2 % de valeur.
Entre 2022 et 2024, l’inflation dans la zone euro a parfois dépassé les 8 %, tandis que les fonds euros de l’assurance-vie affichaient souvent des rendements compris entre 2 % et 2,5 %.
Une erreur fréquente dans la gestion de l’épargne
Dans ce contexte, certains spécialistes estiment que la principale erreur consiste à conserver une part trop importante de son patrimoine sur des supports très peu rémunérés.
Laisser des sommes importantes sur un compte courant non rémunéré peut ainsi entraîner une perte progressive de pouvoir d’achat. De même, concentrer l’essentiel de son épargne sur des placements à taux fixe peut limiter la capacité du patrimoine à suivre l’évolution des prix.
La garantie du capital protège contre une perte immédiate, mais elle ne protège pas toujours contre l’érosion monétaire sur le long terme.
Ce que l’histoire économique nous apprend
Les périodes de guerre ou de crises géopolitiques ont souvent été accompagnées de fortes tensions économiques.
Après la Première Guerre mondiale, l’inflation a fortement augmenté en France et le pouvoir d’achat de l’épargne placée en obligations ou en livrets a fortement diminué. Les épargnants ont bien récupéré leurs placements, mais leur valeur réelle avait considérablement reculé.
Un phénomène similaire s’est produit après la Seconde Guerre mondiale et lors du choc pétrolier des années 1970, marqué par une inflation très élevée.
Plus récemment, la guerre en Ukraine et les tensions énergétiques ont contribué à une forte hausse des prix dans de nombreux pays européens.
Comprendre les risques pour mieux protéger son épargne
Ces épisodes rappellent que la principale menace pour l’épargne n’est pas toujours la disparition brutale du capital, mais plutôt la perte progressive de sa valeur réelle.
Pour les retraités comme pour les autres épargnants, la question devient donc moins celle de la sécurité juridique des placements que celle de leur capacité à préserver le pouvoir d’achat dans la durée.
Dans un contexte international incertain, comprendre ces mécanismes reste essentiel pour prendre des décisions éclairées concernant la gestion de son patrimoine.
