À 75 ans, un retraité italien vivant dans la précarité découvre grâce à une association qu’il avait droit à une pension de 1 400 €/mois et 106 000 € d’arriérés de cotisations oubliées de sa carrière de marin. Derrière cette histoire spectaculaire se cache une réalité bien plus large : en France, environ 1 million de retraités pourraient toucher une somme plus élevée en faisant valoir tous leurs droits, et 7 % n’auraient réclamé aucune pension.
Une carrière de marin reconstituée par une association de bénévoles
Cet habitant de Gênes vivait uniquement d’une allocation d’inclusion, l’équivalent transalpin du RSA. En poussant la porte du Patronato Inca CGIL, structure d’aide aux travailleurs, les bénévoles ont fouillé ses papiers, sollicité les caisses italiennes et recoupé les années passées en mer. Sa carrière reconstituée a ouvert la voie à une pension complète de 1 400 €/mois et 106 000 € d’arriérés qui l’attendaient. « Les gens ne connaissent souvent pas leurs droits : c’est une situation beaucoup plus fréquente qu’on ne le pense », a commenté le directeur de l’association. Retrouvez notre article sur la retraite : voici le budget minimum pour vivre dignement en France.
En France : 1 million de retraités pourraient toucher davantage
En France, la retraite reste un droit dit « quérable » : sans demande, aucune pension n’est versée. Sur près de 17 millions de retraités, environ 1 million pourraient toucher une somme plus élevée en faisant valoir tous leurs droits. Un rapport de la Cour des comptes a relevé qu’environ 14 % des pensions comportent une erreur de calcul, parfois défavorable au retraité. La DREES a observé qu’environ un tiers des retraités n’a pas demandé tous ses droits. L’Union Retraite a identifié près de 50 000 personnes avec des droits non liquidés auprès d’au moins une caisse.
Les profils les plus exposés : carrières hachées, intérim et travail à l’étranger
Les plus exposés à une pension oubliée sont les personnes ayant eu des carrières morcelées, des emplois multiples, des périodes d’intérim ou ayant cotisé à l’étranger. Beaucoup se contentent de minima sociaux sans imaginer que ces petits boulots ou quelques années à l’étranger peuvent ouvrir des droits significatifs. La rétroactivité se limite souvent à 5 ans dans la plupart des régimes : les sommes plus anciennes sont définitivement perdues, rendant l’urgence d’agir absolument critique. Retrouvez aussi notre article sur la retraite : ces 8 trimestres par enfant que vous pourriez perdre sans vérification.
Les quatre réflexes pour ne pas laisser dormir vos droits
Quatre démarches simples permettent de sécuriser ses droits : créer ou vérifier son compte sur info-retraite.fr qui regroupe les droits auprès des 35 régimes français, demander un relevé de carrière complet et repérer les années manquantes, prendre rendez-vous avec une CARSAT ou un centre Agirc-Arrco, et rassembler bulletins de salaire et attestations d’employeur pour prouver les périodes oubliées. Les maisons France Services et associations peuvent accompagner les seniors peu à l’aise avec le numérique.
Conclusion
L’histoire de ce retraité italien rappelle brutalement que des droits à la retraite peuvent dormir pendant des années sans jamais être réclamés, faute d’information. Avez-vous déjà vérifié votre relevé de carrière sur info-retraite.fr pour vous assurer que toutes vos périodes d’activité y figurent, notamment si vous avez eu une carrière morcelée ou travaillé à l’étranger ? Donnez votre avis en commentaire.
