Un bug informatique a suspendu la pension complémentaire de 98 000 retraités du privé depuis janvier 2026. Agirc-Arrco verse en moyenne 8 700 € de rattrapage par personne : 30 000 virements ont déjà été effectués en juin, une deuxième vague de 30 000 suit.
Si votre pension a baissé ou disparu depuis janvier 2026, vous pourriez faire partie des bénéficiaires de ce rattrapage global estimé à 850 millions d’euros selon une note interne Agirc-Arrco. Cet article vous explique qui est concerné, à quel stade en sont les versements, et comment vérifier votre éligibilité ou réclamer votre dû.
Retraite Agirc-Arrco : qui sont les 98 000 retraités concernés par le rattrapage ?
Agirc-Arrco gère la retraite complémentaire de 14 millions de retraités du secteur privé en France. Les 98 000 personnes touchées par ce bug représentent 0,7 % de ces effectifs, une proportion faible, mais un préjudice financier massif pour chacun d’eux.
Sur ce total, 12 000 dossiers ont été formellement identifiés comme erronés, pour un montant de 69 millions d’euros. Les 86 000 autres présentent une forte probabilité d’erreur et font encore l’objet de vérifications.
Deux profils sont particulièrement touchés. D’abord, les retraités résidant à l’étranger : leur pension complémentaire est conditionnée à la fourniture d’un certificat de vie, document que le nouveau système n’a pas correctement intégré. Ensuite, les veufs et veuves : une attestation de non-remariage est exigée pour maintenir certains droits à réversion, et là encore, le système a généré des blocages.
La migration informatique lancée à l’automne 2025 visait à moderniser le système d’information d’Agirc-Arrco. À cela s’est ajouté, en décembre 2025, un premier croisement des données du régime avec celles de la DGFIP, notamment pour vérifier les situations matrimoniales via les déclarations fiscales. C’est la combinaison de ces deux évolutions qui a déclenché les suspensions en cascade.
Agirc-Arrco a reconnu l’erreur en mai 2026 et s’est engagée à redistribuer 850 millions d’euros. Découvrez notre article sur la retraite Agirc-Arrco : la règle légale que beaucoup découvrent après 65 ans et qui augmente la pension.
État des versements : 30 000 retraités déjà payés, une deuxième vague en cours
En début juin 2026, 30 000 retraités ont reçu leur régularisation (source interne Agirc-Arrco via Merci pour l’info, relayée par L’Indépendant, 12 juin 2026). Ces personnes ont constaté une hausse soudaine de leur pension complémentaire, correspondant aux mois de suspension accumulés depuis janvier.
Le montant moyen du rattrapage s’établit à 8 700 euros par personne. Ce chiffre est une moyenne : selon la durée de suspension et le montant habituel de votre pension complémentaire, votre rattrapage peut être inférieur ou supérieur.
Une deuxième salve de 30 000 remboursements doit suivre prochainement. Restent ensuite quelques dizaines de milliers de dossiers bloqués : des données de contact incorrectes ou une absence de manifestation auprès de l’organisme expliquent ces blocages. Une source interne à Agirc-Arrco, citée par L’Indépendant le 12 juin 2026, précise : « Des vérifications sont en cours pour 30 000 personnes supplémentaires, dont nous avons besoin de confirmer des éléments d’information les concernant. »
Si vous n’avez pas reçu de versement en juin, deux démarches s’imposent. Vérifiez que vos coordonnée, adresse postale, adresse mail, numéro de téléphone, sont bien à jour dans votre espace personnel sur le site d’Agirc-Arrco. Si vous avez constaté une baisse ou une suspension de votre pension complémentaire depuis janvier 2026, contactez directement l’organisme pour signaler votre situation.
Fiscalité du rattrapage et droits des héritiers : ce qu’il faut savoir
Point crucial d’abord : pour les assurés encore en vie, Agirc-Arrco a renoncé à toute prescription. Chaque euro suspendu sera remboursé intégralement, quelle que soit la durée de la suspension. Cette garantie ne s’applique pas aux héritiers, soumis à la prescription de cinq ans.
Le rattrapage que vous recevrez n’est pas exonéré d’impôt. Ces sommes sont traitées comme des revenus de retraite classiques, soumis à la CSG, la CRDS et, selon votre tranche, à l’impôt sur le revenu (Pleine Vie, 4 juin 2026). Le montant de 8 700 euros annoncé est donc un montant brut avant prélèvements.
Attention à l’effet de cumul fiscal en 2026. Si vous percevez plusieurs mois d’arriérés en une seule fois, votre revenu imposable de 2026 sera mécaniquement plus élevé. Notez toutefois que le mécanisme de lissage de la CSG sur deux ans peut atténuer l’impact : un franchissement de seuil ponctuel ne déclenche pas automatiquement un taux supérieur l’année suivante. Vérifiez votre taux de prélèvement à la source auprès de l’administration fiscale pour anticiper.
Les héritiers d’un retraité décédé pendant la période du bug sont également concernés. Si votre proche est décédé entre janvier 2026 et aujourd’hui sans avoir perçu sa pension complémentaire, vous pouvez réclamer les arriérés qui lui étaient dus. Le délai de cinq ans court à partir de la date où chaque mensualité aurait dû être versée, pas à partir du décès. Pour un proche décédé en janvier 2026, la fenêtre de réclamation court jusqu’en janvier 2031. La démarche consiste à contacter Agirc-Arrco en qualité d’héritier, en fournissant l’acte de décès, les relevés bancaires attestant l’interruption des versements et un justificatif de votre qualité d’ayant droit.
Ce rattrapage de 850 millions d’euros corrige une erreur informatique sans précédent dans l’histoire d’Agirc-Arrco. Deux tiers des bénéficiaires n’ont pas encore reçu leur dû : vérifier votre situation auprès de l’organisme dès maintenant vous permet de ne pas laisser passer votre rattrapage, et d’éviter que des données de contact obsolètes ne bloquent indéfiniment votre dossier. Retrouvez aussi notre article sur votre retraite Agirc-Arrco va-t-elle moins augmenter en 2027 ? Ce que redoutent les experts.
Votre pension complémentaire a-t-elle baissé ou disparu depuis janvier 2026 et avez-vous déjà reçu votre virement de rattrapage ?
