Un salarié en arrêt maladie voit son revenu se réduire sur plusieurs fronts : le plafond des indemnités a déjà été abaissé à 1,4 SMIC, et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit d’y ajouter trois points de CSG.
Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale supportent aujourd’hui une CSG de 6,2 %. Le projet présenté pour 2027 veut les aligner sur le complément de salaire versé par l’employeur, taxé à 9,2 %. Trois points de plus, prélevés directement sur ce que touche le salarié arrêté.
Cette hausse n’arrive pas seule. Depuis avril 2025, l’indemnité est plafonnée à 1,4 SMIC. La durée de prescription a aussi été raccourcie, et les arrêts prescrits en téléconsultation sont limités à trois jours. La CSG serait une couche de plus sur une rémunération déjà rognée.
La CSG alignée sur les salaires
Le gouvernement veut « rapprocher le traitement fiscal des indemnités journalières de celui des revenus d’activité ». L’Urssaf distingue deux flux : l’indemnité de la Sécurité sociale, taxée à 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS, et le complément versé par l’employeur, traité comme un salaire avec 9,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS après un abattement de 1,75 %.
L’alignement proposé porterait l’indemnité de la Sécu au même 9,2 %, la CRDS restant à 0,5 %. Soit trois points de CSG en plus sur chaque journée indemnisée. Les retraités ont déjà connu une bascule comparable : leur taux de CSG est passé de 6,6 % à 8,3 % sur la pension, comme le documente La Retraite en Clair. Découvrez notre article sur l’arrêt maladie 8 mois avant mes 60 ans : la Carsat a validé mon trimestre mais effacé mes meilleures années de salaire.
La mesure s’inscrit dans un plan de maîtrise des arrêts maladie. Leur coût atteindrait 20 milliards d’euros en 2027 sans correction, contre 18 milliards en 2025, pour 9,1 millions d’arrêts indemnisés en 2024, soit 10 % de plus qu’en 2019.
Plafond à 1,4 SMIC : le calcul de l’addition
L’indemnité journalière vaut 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les trois derniers salaires bruts divisés par 91,25. Ces salaires sont retenus dans la limite de 1,4 SMIC, soit 2 613,83 € par mois. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, l’indemnité ne peut pas dépasser 42,97 € bruts par jour.
Un salarié payé 2 000 € bruts touche une indemnité de 32,88 € par jour. La CSG y prélève aujourd’hui 2,04 € ; à 9,2 %, ce serait 3,02 €. Soit 0,99 € de moins par jour, et 26,73 € sur un arrêt de trente jours, une fois passés les trois jours de carence.
Au plafond, à partir de 2 614 € bruts, l’indemnité atteint 42,97 € et la hausse de CSG retire 1,29 € par jour, environ 35 € sur un mois. Au-delà, la perte n’augmente plus, puisque l’indemnité est elle-même plafonnée. Sur un arrêt de 90 jours, soit 87 jours indemnisés, l’addition monte à 85,81 € à 2 000 € bruts et 112,15 € au plafond.
Impôt, vote et prévoyance : ce qui reste ouvert
La mesure n’est pas votée. Elle sera discutée au Parlement jusqu’en décembre, et le dossier de présentation ne fixe ni sa date d’entrée en vigueur ni le sort de l’impôt sur le revenu. Les parlementaires peuvent la supprimer, la limiter ou la reporter.
Les indemnités maladie sont déjà soumises à l’impôt sur le revenu, sauf celles versées pour une affection de longue durée. La question ouverte porte sur la part de CSG déductible : 3,8 points le sont aujourd’hui sur les 6,2 % d’indemnités, contre 6,8 points sur les 9,2 % d’un salaire. Si l’alignement s’appliquait aussi à cette déduction, les trois points ajoutés seraient déductibles, ce qui allégerait un peu l’impôt des foyers imposables. Le dossier ne le précise pas.
Le projet se montre plus net sur les accidents du travail et les maladies professionnelles : leurs indemnités, imposables à 50 % aujourd’hui, deviendraient imposables en totalité, et le plafond serait abaissé à 1,8 SMIC, la différence étant compensée par l’employeur. Retrouvez aussi notre article sur l’arrêt maladie : cette case sur votre avis d’arrêt peut vous faire perdre vos indemnités journalières si vous sortez de chez vous.
Pour amortir, la prévoyance reste le seul levier : une complémentaire santé ne verse rien pendant un arrêt. Vérifier le contrat collectif d’entreprise, distinguer la mutuelle, qui rembourse les soins, de la prévoyance, qui remplace le revenu, et souscrire à titre individuel si l’employeur ne couvre rien. Avant de signer, comparer la franchise en jours d’arrêt au maintien de salaire prévu par la convention collective.
