Un amendement du Sénat pourrait épargner une hausse d’impôt aux retraités modestes en 2026. Le budget 2026 envisageait initialement une réforme fiscale défavorable à des millions de retraités. La suppression de l’abattement de 10 % sur les pensions devait entraîner une hausse d’impôt dès que la retraite dépassait environ 1 670 € par mois. Mais, un amendement voté au Sénat fin novembre rebat les cartes : les pensions inférieures à 2 500 € pourraient finalement être épargnées, grâce à un nouveau forfait fiscal plus avantageux.
L’abattement de 10 % remis en cause dans le projet 2026
Actuellement, les pensions bénéficient d’un abattement fiscal de 10 %, avec un plancher de 450 € et un plafond de 4 399 €. Ce système allège la base imposable, souvent suffisamment pour éviter toute imposition aux retraités modestes. En 2026, le gouvernement voulait supprimer cet abattement proportionnel pour le remplacer par un forfait unique de 2 000 €, ce qui pénalisait directement les pensions au-dessus de 20 000 € annuels, soit environ 1 670 € par mois. Retrouvez notre article sur la retraite 2026 : attention, le gel de la réforme pourrait retarder votre premier versement.
L’amendement du Sénat sauve les retraites jusqu’à 2 500 € mensuels
Pour corriger les effets jugés trop brutaux, les sénateurs ont voté le 30 novembre 2025 une mesure portant la déduction forfaitaire de 2 000 à 3 000 €. Ce changement redéfinit le seuil d’impact de la réforme : désormais, seuls les retraités gagnant plus de 30 000 € par an (soit 2 500 € par mois) seraient concernés par une hausse d’impôt. En dessous de ce seuil, la mesure devient fiscalement neutre ou légèrement favorable selon les profils.
Exemples concrets d’impact selon le niveau de pension
Prenons le cas d’un retraité célibataire gagnant 2 400 € par mois, soit 28 800 € par an. Avec l’abattement actuel de 10 %, il déduit 2 880 €. En 2026, avec une déduction forfaitaire portée à 3 000 €, il profiterait même d’un avantage fiscal légèrement supérieur. À l’inverse, un retraité à 3 000 € par mois subirait un relèvement de sa base imposable et verrait son impôt augmenter d’environ 480 € selon les simulations.
Rien ne change pour l’impôt 2025, mais attention aux délais
Pour l’instant, l’impôt calculé sur les revenus 2024 ne change pas. L’abattement proportionnel reste en vigueur, avec ses plafonds habituels. Cela signifie que pour une retraite annuelle de 20 000 €, seuls 18 000 € sont imposables après déduction. Avec le barème 2025, les contribuables seuls ne sont imposés que si leur revenu net imposable dépasse environ 11 500 €, ce qui épargne toujours les petites retraites.
Autres dispositifs fiscaux favorables aux retraités modestes
En plus de l’abattement général, les retraités de plus de 65 ans ou invalides bénéficient d’un abattement complémentaire de 2 795 € pour un revenu imposable inférieur à 17 510 €, et de 1 398 € entre 17 510 € et 28 170 €. Il s’applique en supplément de l’abattement retraite. Par ailleurs, la CSG et autres prélèvements sociaux peuvent être réduits ou annulés pour les foyers sous 16 755 € de revenu fiscal de référence. Retrouvez également notre article sur combien allez-vous toucher à la retraite si vous n’avez jamais travaillé ? Ce que dit la loi.
Conclusion
La réforme de l’abattement sur les pensions en 2026 aurait pu frapper les retraités gagnant plus de 1 670 € par mois. Grâce à l’amendement du Sénat, ceux sous 2 500 € pourraient échapper à toute hausse d’impôt, voire y gagner. Cette évolution reste à confirmer lors du vote définitif du budget 2026. Vous êtes retraité ou concerné par cette mesure ? Dites-nous ce que vous en pensez dans les commentaires !
