Murielle, 59 ans, a commencé à travailler à 18 ans et attend toujours de pouvoir partir à la retraite. L’annonce d’une révision du dispositif des carrières longues ravive chez elle l’espoir d’un départ anticipé. La réforme des retraites continue d’alimenter les débats, en particulier pour ceux qui ont démarré leur carrière professionnelle très jeunes. C’est le cas de Murielle Anton, employée administrative en Île-de-France, qui espère pouvoir bénéficier d’un départ anticipé grâce au dispositif des carrières longues. Malgré 168 trimestres cotisés, elle ne peut pas encore partir. L’annonce gouvernementale d’un assouplissement potentiel lui donne un nouvel espoir, même si l’incertitude demeure.
Un parcours exemplaire mais insuffisant
Murielle a intégré le marché du travail dès ses 18 ans, enchaînant les années sans interruption. Grâce à cette précocité, elle entre dans le cadre des carrières longues, réservé à ceux ayant cotisé cinq trimestres avant 20 ans. Pourtant, malgré plus de 40 années d’activité, il lui manque encore quatre trimestres pour atteindre les 172 exigés pour sa génération, née en 1966. Cette situation illustre la frustration de nombreux salariés qui, malgré une carrière complète, doivent attendre encore.
Des règles strictes et peu souples
Le dispositif des carrières longues repose sur deux conditions : avoir commencé à travailler jeune et atteindre une durée de cotisation élevée. Dans le cas de Murielle, 172 trimestres sont nécessaires pour un départ anticipé à 61 ans. À la fin de 2025, elle en totalisera 168. Elle devra donc attendre le premier trimestre 2027. Ces règles strictes, inchangées malgré la réforme, posent problème pour ceux qui espéraient une reconnaissance de leur long parcours. Découvrez notre article sur la réforme des retraites : voici ce qui change vraiment à partir de 2026.
Une attente partagée par des milliers d’actifs
Murielle n’est pas seule dans ce cas. Les témoignages similaires se multiplient, notamment sur les forums syndicaux. En 2024, près de 120 000 départs anticipés ont été enregistrés grâce à ce dispositif, preuve de son importance. Mais beaucoup, comme Murielle, restent en suspens. Ils espèrent que la réforme tiendra compte de leur ancienneté réelle dans la vie active, souvent marquée par des métiers physiques et pénibles.
Un espoir porté par l’annonce gouvernementale
Le 12 novembre 2025, la porte-parole du gouvernement a déclaré que les carrières longues seraient intégrées dans la révision de la réforme des retraites. Cette annonce a suscité de l’optimisme chez les concernés, dont Murielle. Cependant, l’amendement promis n’a pas encore dévoilé de détails précis. Pour Murielle, cette incertitude est difficile à vivre : elle craint que les mesures annoncées ne changent rien à sa date de départ.
Une réforme qui pourrait ne rien changer
Actuellement, les textes de loi ne prévoient pas de réduction du nombre de trimestres requis, même en cas d’assouplissement de l’âge légal. Cela signifie que Murielle devra malgré tout atteindre les 172 trimestres, même si l’âge minimum de départ est abaissé. « Si rien ne change côté trimestres, je ne pourrai pas partir plus tôt », déplore-t-elle. L’enjeu pour elle est donc que la réforme agisse aussi sur la durée de cotisation, et pas seulement sur l’âge.
Une équité générationnelle en question
Murielle soulève un point de friction entre générations. Elle note que les personnes nées en 1964 pourraient partir avec 170 trimestres, alors qu’elle devrait en avoir 172. Cette différence crée un sentiment d’injustice. Pour elle, une réforme juste serait celle qui harmonise les seuils, afin que chacun bénéficie du même niveau d’effort proportionnel. Un trimestre en moins serait déjà une reconnaissance tangible de son engagement professionnel depuis l’âge de 18 ans. Retrouvez également notre article sur la carrière longue : ces retraités qui pourront partir plus tôt à la retraite grâce à la suspension de la réforme ?
Conclusion
L’histoire de Murielle reflète le ressenti de nombreux travailleurs précoces, qui espèrent une réforme juste et adaptée à leur parcours. Le gouvernement saura-t-il entendre cette attente ? Une chose est sûre : Murielle et ses semblables attendent des mesures concrètes. Et vous, que pensez-vous de l’équité dans le dispositif des carrières longues ? Donnez votre avis en commentaire.
