Deux amendements fiscaux ciblent désormais les contrats d’assurance-vie en fonds euros. Avec la hausse de la CSG et la création d’un impôt sur la fortune improductive, les épargnants français font face à un véritable coup dur. Le gouvernement acte un changement de cap fiscal qui inquiète les détenteurs de placements sécurisés. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, soutient des mesures votées début novembre visant à alourdir la fiscalité sur l’assurance-vie en fonds euros. Cette offensive fiscale repose sur deux piliers : une hausse de la CSG et la création d’un impôt sur la fortune improductive. Analyse de cette double ponction qui pourrait bouleverser les choix patrimoniaux de millions de Français.
Une hausse de la CSG pour financer les déficits sociaux
Le premier amendement adopté prévoit une augmentation de la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus issus de placements non réglementés. Cette mesure vise à générer 2,8 milliards d’euros pour combler le déficit de la Sécurité sociale. L’impact sera direct sur les assurances-vie, PEA, dividendes ou encore les comptes à terme, qui verront leur fiscalité globale grimper à 31,4 %. En revanche, les livrets réglementés comme le Livret A ou le LDDS restent épargnés par cette réforme. Retrouvez notre article sur les retraites : 134 € de perte pour 17 millions de Français à partir de cette date.
L’assurance-vie en fonds euros dans le viseur de Bercy
Deuxième pilier de la réforme : la volonté d’élargir l’actuel impôt sur la fortune immobilière (IFI). L’objectif est de cibler les actifs jugés improductifs, en particulier les contrats d’assurance-vie en fonds euros. Ceux-ci, bien que sécurisés et largement plébiscités, sont perçus comme peu utiles à l’économie réelle. En revanche, les unités de compte (UC), plus dynamiques mais risquées, ne seraient pas concernées. Seuls les patrimoines supérieurs à 1,3 million d’euros seront touchés.
Vers un impôt élargi sur la fortune improductive
L’amendement, porté par Jérôme Guedj, introduit une nouvelle logique fiscale : taxer les capitaux inertes au profit d’une réorientation vers des placements productifs. Cela inclut potentiellement les contrats d’assurance-vie dormants, souscrits mais jamais arbitrés, conservés sur de longues périodes sans mouvement. Si votre patrimoine global dépasse le seuil de 1,3 million d’euros, vos fonds euros pourraient désormais être intégrés à la base taxable, même sans revenu généré. Une rupture idéologique majeure.
Une réforme qui inquiète les professionnels du secteur
Du côté des assureurs, la colère monte. L’organisme France Assureurs dénonce une stigmatisation d’un produit d’épargne populaire, souvent utilisé pour préparer la retraite, financer une succession ou sécuriser une partie de son patrimoine. Les épargnants redoutent désormais une érosion de la rentabilité nette de leurs contrats. D’autant que la fiscalité sur les produits d’assurance-vie, initialement avantageuse, subit des révisions à répétition, suscitant un climat d’instabilité. Retrouvez également notre article sur la réforme des retraites : voici ce qui change vraiment à partir de 2026.
Une manne fiscale estimée jusqu’à 2 milliards d’euros
Selon les premières estimations du gouvernement, cette double réforme pourrait rapporter entre 500 millions et 2 milliards d’euros par an. Un gain non négligeable dans le contexte actuel de tensions budgétaires. Toutefois, la version finale du budget 2026 reste à confirmer en décembre. D’éventuelles modifications d’assiette ou de seuils pourraient encore intervenir. En attendant, cette mesure pourrait réorienter l’épargne des Français, qui se tournent de plus en plus vers des actifs comme l’or physique ou l’immobilier locatif.
Conclusion
La décision de ponctionner l’assurance-vie et les livrets non réglementés constitue un tournant dans la politique fiscale du gouvernement. Si vous êtes concerné, il est temps de réévaluer vos choix patrimoniaux. Cette réforme soulève de nombreuses questions sur la stabilité des placements sécurisés en France. Vous êtes épargnant ? Que pensez-vous de ces nouvelles mesures ? Partagez votre avis en commentaire.
