L’absence de loi de finances adoptée avant la fin de l’année a une conséquence inattendue : plusieurs niches fiscales que le gouvernement souhaitait revoir à la baisse seront finalement maintenues en l’état en 2026. Une « loi spéciale » garantira le minimum budgétaire dès le 1er janvier, mais ce statut quo fiscal profite à de nombreux contribuables.
Un budget au point mort… et des avantages fiscaux sauvés
À défaut d’accord sur le projet de loi de finances 2026, l’exécutif mettra en œuvre une solution transitoire. Loin de faire l’unanimité, cette situation budgétaire a toutefois un effet immédiat : aucune des mesures fiscales défavorables aux contribuables ne sera appliquée au 1er janvier.
C’est ce qu’a confirmé Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, devant la commission des Finances : « Ce service minimum budgétaire, au fond, c’est une France au ralenti ». Mais pour des millions de foyers, c’est aussi un sursis fiscal inattendu.
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L’abattement de 10 % sur les retraites conservé
Parmi les principales niches fiscales maintenues, l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite figure en tête. Le gouvernement souhaitait le remplacer par un abattement forfaitaire de 2 000 € par retraité, un changement jugé moins favorable pour de nombreux foyers. Les sénateurs, de leur côté, proposaient de réduire le plafond de 4 399 € à 3 000 €.
Mais en l’absence de budget voté, aucune de ces réformes n’entrera en vigueur : l’abattement de 10 % tel qu’il existe aujourd’hui restera applicable en 2026, au bénéfice de millions de retraités.
D’autres dispositifs fiscaux aussi maintenus
Ce gel des réformes fiscales touche également d’autres niches que l’exécutif souhaitait ajuster, comme :
- Les réductions fiscales pour l’emploi à domicile, que certains amendements entendaient plafonner davantage.
- Les exonérations sur certains carburants alternatifs, notamment les biocarburants, qui bénéficient encore d’un traitement fiscal préférentiel.
- Les déductions spécifiques à certains régimes d’imposition, notamment dans l’immobilier.
Des arbitrages encore possibles en 2026
Même si ces mesures sont suspendues au 1er janvier, le gouvernement pourrait les réintroduire ultérieurement via un collectif budgétaire ou une nouvelle loi de finances rectificative. Rien n’est donc figé pour l’ensemble de l’année. Mais pour l’instant, les contribuables peuvent souffler : les principaux coups de rabot prévus sont repoussés, au moins temporairement.
