Le gouvernement envisage de réduire, voire supprimer, le remboursement des cures thermales par l’assurance maladie. Une décision qui pourrait bouleverser tout un secteur.
Alors que l’État cherche à économiser cinq milliards d’euros sur le budget de la Sécurité sociale, les cures thermales, remboursées à plus de 65 %, pourraient perdre leur soutien public. Un sujet sensible pour les patients… mais aussi pour des territoires entiers.
Des soins plébiscités mais coûteux
En 2023, les cures thermales ont coûté environ 250 millions d’euros à la Sécurité sociale. Ce chiffre pourrait atteindre 350 millions cette année, selon les projections. Pour autant, des milliers de patients en bénéficient chaque année pour soulager des pathologies chroniques comme les troubles circulatoires, les rhumatismes ou les problèmes respiratoires.
Nombre de curistes affirment constater des améliorations concrètes. « Je perds un centimètre de tour de cheville après trois semaines », explique une retraitée venue soigner une insuffisance veineuse. Mais pour les autorités, l’efficacité thérapeutique globale des cures reste sujette à débat.
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Des professionnels du secteur vent debout
Du côté des établissements, c’est l’incompréhension. À Luxeuil-les-Bains, le directeur du centre thermal, Éric Chavane, défend la cause :
« Ce n’est pas là qu’il faut chercher à faire des économies. Trois semaines de soins, c’est en moyenne 700 euros. Ce n’est pas excessif pour une prise en charge non médicamenteuse. »
Les professionnels dénoncent un ciblage injuste d’un secteur qui contribue à la santé publique et à la prévention, souvent pour des populations âgées ou isolées.
Un impact économique majeur sur les territoires
La menace d’un déremboursement inquiète aussi les commerçants. Dans les villes thermales, les curistes génèrent une activité touristique essentielle. Collin Vuillemard, restaurateur, alerte :
« De mars à novembre, 30 % de notre chiffre d’affaires dépend de leur présence. »
Face aux centres thermaux, les hôteliers s’inquiètent eux aussi d’une baisse brutale de fréquentation. À Luxeuil-les-Bains, Philippe Gaugirand affirme que 70 % de son chiffre d’affaires repose sur les curistes.
En France, le thermalisme représente près de 7 000 emplois directs.
Au-delà de la santé, ce débat met en lumière un modèle économique local fragile, où les petites villes thermales dépendent d’un écosystème unique mêlant soins, tourisme et emplois de proximité. Supprimer ou restreindre les remboursements serait, pour beaucoup, un coup fatal à une filière déjà sous tension.
Une décision qui poserait également la question de l’équité d’accès aux soins non médicamenteux.
Une vision claire
Alors que les arbitrages budgétaires s’intensifient, les cures thermales deviennent un symbole : celui d’une vision de la santé publique en mutation, où le préventif pourrait être sacrifié sur l’autel de l’économie.
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