Entre 55 et 61 ans, plus de boulot, pas encore la retraite : voici comment rebondir

Ils ont 55, 58 ou 60 ans. Ils ne sont ni en emploi, ni à la retraite. Dans cette zone grise du monde du travail, ils vivent une traversée du désert souvent ignorée des politiques. Ces NER (ni en emploi, ni en retraite) sont 21 % chez les 55-61 ans en France. Derrière cet acronyme sec, des femmes et des hommes aux carrières solides, confrontés à un système qui ne veut plus d’eux.

« À 55 ans, je suis retournée vivre chez ma mère »

Gwenaelle Chauvin, 55 ans, a publié un message sur LinkedIn qui a bouleversé des milliers de lecteurs :

« Voilà, c’est fini. Je rentre chez maman en Bretagne… »

Ancienne cheffe d’entreprise et communicante, elle a vu son dernier contrat s’arrêter, et plus rien. En un an, 1 500 CV envoyés, zéro embauche. « Je n’étais jamais la bonne personne : pas assez diplômée, trop expérimentée, trop âgée… Mes compétences n’intéressaient plus. »

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Des candidats invisibles pour les recruteurs

Ce que Gwenaelle a vécu, des milliers de seniors le traversent : ils envoient CV sur CV sans réponse, sans entretien, sans explication.

« Le plus dur, c’est de ne même pas pouvoir défendre sa candidature. L’âge est un filtre invisible, mais impitoyable. »

Les profils ? Très variés : ex-cadres, anciens directeurs de transition, salariés de la tech ou de la communication. Des carrières bien remplies, parfois prestigieuses, mais mises de côté dès qu’approche la soixantaine.

Une génération piégée entre deux âges

Le paradoxe des NER est cruel : trop vieux pour l’emploi, trop jeunes pour la retraite. La réforme de 2023 a reculé l’âge légal de départ, mais rien n’a été prévu pour ceux qui se retrouvent au chômage de longue durée après 55 ans. Résultat : décrochage social, précarité, isolement.

« Au début, on pense rebondir vite. Puis vient la honte, l’isolement, les fins de mois difficiles. Quand les indemnités s’arrêtent, c’est le vide. »

Une communauté d’entraide émerge

Pour rompre la solitude, Gwenaelle a trouvé refuge sur LinkedIn.

« J’étais fracassée intérieurement. Mais cette communauté m’a portée. On s’encourage, on partage nos galères, nos petites victoires. »

Certain·es montent leur boîte, d’autres créent des cabinets spécialisés dans l’emploi des NER. Mais l’entrepreneuriat n’est pas une option pour tous. Beaucoup attendent encore une réponse… ou un changement de cap politique.

« Nous voulons encore contribuer »

Les NER ne réclament pas l’assistance, ni la retraite anticipée. Ils demandent la reconnaissance de leur valeur et des solutions concrètes :

  • Un accompagnement renforcé
  • Des incitations à l’embauche pour les employeurs
  • Une réforme du chômage tenant compte de l’âge

« À 55 ans, je ne suis pas usée. J’ai de l’énergie, des idées, de l’expérience. Et j’ai envie de contribuer à la société. »

À retenir

  • Les NER (ni en emploi ni en retraite) représentent 21 % des 55-61 ans.
  • Ce sont souvent d’anciens cadres, techniciens, communicants, qui ne trouvent plus d’emploi.
  • La précarité frappe de plein fouet cette génération coincée entre marché de l’emploi saturé et retraite inaccessible.
  • Des communautés d’entraide émergent, mais les solutions structurelles manquent cruellement.

Anna

Experte en entrepreneuriat, offrant des conseils pratiques pour aider les entrepreneurs à développer et réussir leurs entreprises.

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