Février 2026 sera un mois clé pour les 17 millions de retraités français. Si les pensions de base augmentent de 0,9 %, ce sont surtout les modifications de la CSG (Contribution sociale généralisée) qui vont impacter les montants réellement versés. Résultat : selon votre situation, votre pension nette pourrait augmenter… ou baisser.
Une hausse annoncée… mais pas encore visible
La revalorisation de 0,9 % concerne toutes les pensions de base depuis le 1er janvier 2026. Toutefois :
- Le virement de janvier correspond à la pension de décembre, sans revalorisation.
- C’est en février que vous verrez cette hausse sur votre compte.
Dates de versement :
- CNAV / Carsat (régime général) : 9 février
- Agirc-Arrco (retraite complémentaire) : 2 février, sans nouvelle CSG (ajustement en mars)
- CNRACL : 25 février
- Fonction publique d’État : 26 février
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CSG : les nouveaux seuils qui peuvent faire baisser votre pension
Le vrai changement, c’est l’actualisation du barème CSG au 1er janvier, avec des seuils rehaussés de 1,8 % (inflation 2024). Mais attention : si vos revenus ont augmenté plus rapidement que ces seuils (notamment avec les +5,3 % de janvier 2024), vous pouvez changer de tranche.
Cela signifie plus de prélèvements sociaux malgré la hausse de la pension brute.
Les 4 taux de CSG et qui est concerné
| Taux CSG | % de retraités | Autres prélèvements |
|---|---|---|
| 0 % (exonéré) | 29 % | Aucun |
| 3,8 % (réduit) | 15 % | + CRDS 0,5 % |
| 6,6 % (intermédiaire) | 27 % | + CRDS 0,5 %, Casa 0,3 % |
| 8,3 % (plein) | 29 % | + CRDS 0,5 %, Casa 0,3 % |
Ces taux dépendent de votre revenu fiscal de référence 2024 (déclaré en 2025) et de votre nombre de parts fiscales.
Exemple (1 part fiscale) :
- Jusqu’à 13 048 € → exonération
- Jusqu’à 17 056 € → 3,8 %
- Jusqu’à 26 471 € → 6,6 %
- Au-delà de 26 471 € → 8,3 %
Attention aux effets de seuil : parfois, 30 € de revenu supplémentaire suffisent à vous faire changer de tranche, pour une perte nette bien supérieure.
Le lissage CSG : pas pour tout le monde
Un mécanisme de lissage évite certaines hausses brutales de taux, mais il ne s’applique que dans un sens :
Si vous passez de 3,8 % à 6,6 % : la hausse est différée si elle n’est pas constante sur 2 ans.
Mais si vous passez de 6,6 % à 8,3 %, ou de 0 % à 3,8 %, l’augmentation est immédiate.
En cas de baisse de revenus, la diminution de taux est appliquée sans délai.
Pourquoi votre pension nette pourrait baisser malgré la hausse
Prenons un exemple :
- Pension brute : 1 500 €
- Revalorisation de 0,9 % = +13,50 €
- Passage de CSG 6,6 % à 8,3 % = –25 €/mois
Vous perdez plus que vous ne gagnez. Et votre virement de février est plus bas que celui de janvier, malgré l’augmentation affichée.
Et du côté de l’Agirc-Arrco ?
Les retraités du privé affiliés à l’Agirc-Arrco (14 millions de personnes) verront le nouveau taux de CSG appliqué seulement en mars, avec régularisation sur janvier et février.
Si votre taux baisse → remboursement en mars
Si votre taux augmente → double prélèvement d’un coup
Que faire pour comprendre votre situation ?
- Comparez vos virements : décembre 2025, janvier 2026 et février 2026
- Vérifiez votre revenu fiscal de référence sur votre dernier avis d’imposition
- Identifiez votre tranche CSG avec les seuils
- En cas de doute ou d’erreur, contactez votre caisse de retraite avec justificatifs
En résumé
- Oui, les pensions de base augmentent de 0,9 %.
- Mais selon votre situation fiscale, votre pension nette peut diminuer.
- La CSG a un impact variable et parfois brutal.
- Des milliers de retraités pourraient être concernés sans le savoir.
Anticipez, vérifiez et parlez-en autour de vous.
