Le gouvernement a confirmé que la réforme des retraites, adoptée en 2023, sera mise entre parenthèses pendant deux ans. À compter du 1er septembre 2026, les départs à la retraite seront soumis à des règles provisoirement assouplies. Voici ce que cela signifie concrètement pour l’âge légal, la durée d’assurance et les dispositifs pour carrières longues.
Ce qu’il faut retenir
- Le gel s’applique à toutes les retraites liquidées à partir du 1er septembre 2026.
- L’âge légal restera fixé à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028.
- Un trimestre de moins requis pour les générations 1964 et 1965 (et même deux pour les personnes nées entre janvier et mars 1965).
- Les carrières longues conservent leurs règles spécifiques, mais avec un décalage de 2,5 ans par rapport à l’âge légal.
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Un gel partiel, mais à fort impact
Le Premier ministre avait annoncé mi-octobre cette suspension de la réforme Borne, actée dans le budget 2026 de la Sécurité sociale. Le texte a été définitivement voté le 16 décembre, et prévoit que les nouvelles règles ne s’appliqueront plus temporairement à partir du 1er septembre 2026.
Le gel permettra notamment aux générations concernées (1964-1965) de partir plus tôt que prévu, en raison du report d’un trimestre dans l’application des nouvelles règles.
Âge de départ : rien ne change avant 2028
Selon le ministre Sébastien Lecornu, aucune modification de l’âge légal n’aura lieu avant le 1er janvier 2028. L’âge d’ouverture des droits reste donc bloqué à 62 ans et 9 mois, quelle que soit l’évolution de votre carrière.
Ce gel implique un gain d’un trimestre pour la majorité des assurés, et deux trimestres pour ceux nés entre janvier et mars 1965.
Durée d’assurance : effet limité, mais réel
Pour prétendre à une retraite à taux plein, le nombre de trimestres requis sera temporairement réduit d’un trimestre pour les générations 1964 et 1965, en cohérence avec la suspension de la montée en charge progressive prévue par la réforme Borne.
Carrières longues : quels changements ?
Les départs anticipés restent possibles, mais les âges de départ sont désormais décalés de 2 ans et demi par rapport à l’âge légal.
Exemples concrets :
- Un assuré né en 1964, éligible à un départ anticipé, pourra partir à 60 ans et 3 mois à partir de septembre 2026 (au lieu de 60 ans auparavant).
- Un assuré né en 1966 ayant commencé à travailler avant 18 ans devra toujours justifier 172 trimestres cotisés pour un départ à 60 ans.
Pour les carrières très longues, les trimestres cotisés restent la condition principale pour partir avant 60 ans :
- Avant 18 ans : départ possible à 60 ans
- Avant 16 ans : départ à 58 ans (sous conditions)
Générations non concernées par le gel
Les personnes nées entre septembre 1961 et décembre 1963 ne verront aucun changement : la réforme a déjà été appliquée à leur situation, même si leurs pensions ne sont pas encore liquidées.
Financement et adoption
Le gel de la réforme représente un coût estimé à 100 millions d’euros en 2026, et 1,4 milliard en 2027. Pour le financer, le gouvernement s’appuie notamment sur une hausse ciblée de la CSG sur certains produits d’épargne.
En résumé
- Réforme suspendue pour les départs à partir du 1er septembre 2026
- Âge légal bloqué à 62 ans et 9 mois jusqu’en 2028
- Un trimestre de moins à valider pour certains assurés
- Carrières longues : départ anticipé maintenu mais décalé
