En 2026, les retraités français constateront bien une hausse de leur pension de base. Mais du côté des complémentaires Agirc-Arrco, c’est le statu quo. Si certains parlent de « gel déguisé », les faits sont clairs : les pensions complémentaires ne bougeront pas d’un centime cette année, une situation qui inquiète bon nombre de cadres et de familles.
Deux régimes, deux dynamiques
Le système français repose sur deux piliers :
- La retraite de base, gérée par la CNAV ou les Carsat, et revalorisée chaque année.
- La retraite complémentaire, pour les salariés du privé (via l’Agirc-Arrco), dont l’évolution dépend d’accords entre syndicats et patronat.
En 2026, la pension de base augmentera de 0,9 %. Une hausse modeste mais réelle. En revanche, aucune revalorisation n’est prévue pour la complémentaire Agirc-Arrco, gelée entre novembre 2025 et octobre 2026, faute d’accord entre partenaires sociaux.
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Pourquoi le complémentaire est gelé ?
Les négociations à l’automne 2025 ont échoué. Les syndicats souhaitaient une hausse proche de l’inflation, autour de 1 %. Le patronat proposait seulement 0,2 %. Sans compromis, les statuts imposent un gel automatique.
À l’inverse, la hausse de la retraite de base a été maintenue à la suite de fortes pressions parlementaires, alors qu’un gel avait d’abord été envisagé.
Conséquences concrètes pour les retraités
Pour les retraités dont la pension dépend surtout de la retraite de base, le gain sera faible mais existant : 9 € supplémentaires par mois sur une pension de 1 000 €.
Mais pour les cadres, qui touchent parfois jusqu’à 40 % de leur retraite via l’Agirc-Arrco, le gel est un vrai manque à gagner. Exemple : un retraité avec 1 500 € de base et 800 € de complémentaire ne verra que 13,50 € de hausse mensuelle… au lieu de près de 20 € avec une revalorisation globale.
« On parle d’augmentation, mais nos dépenses continuent de grimper. Sans hausse du complémentaire, ce n’est pas une vraie amélioration », confie un aidant.
Un cas isolé ? Pas vraiment
Ce type de mesure s’inscrit dans un contexte européen tendu. En Allemagne et en Italie, les réformes sont parfois plus brutales : hausse de l’âge de départ, gel ou baisse des pensions. En France, les gestionnaires de l’Agirc-Arrco veulent préserver l’équilibre du régime à long terme. Mais les retraités paient la prudence budgétaire.
Vrai ou fake : que faut-il retenir ?
- Vrai : la revalorisation de la retraite de base de 0,9 % est bien effective.
- Vrai : le gel de l’Agirc-Arrco est confirmé et appliqué.
- Faux : il ne s’agit pas d’un bug, ni d’un oubli. Les chiffres sont publics et les décisions assumées.
La prochaine fenêtre de négociation aura lieu à l’automne 2026. Si la conjoncture le permet, une hausse pourrait alors être actée pour novembre.
Que faire en attendant ?
Pour les retraités et aidants :
- Vérifiez votre Revenu Fiscal de Référence pour anticiper d’autres baisses (ex. hausse de CSG)
- Surveillez vos notifications Agirc-Arrco et CNAV
- Revoyez votre budget ou vos contrats
- Renseignez-vous sur les aides comme l’ASPA ou les exonérations fiscales
En résumé
Oui, les pensions augmentent en 2026. Mais uniquement en partie. Le gel de la complémentaire Agirc-Arrco crée un déséquilibre qui touche surtout les cadres. Anticiper, comprendre et échanger reste la meilleure défense.
Partagez cet article avec vos proches : beaucoup ignorent encore pourquoi leur pension n’évolue pas, malgré les annonces officielles.
