Reprendre une activité à la retraite peut rapporter bien plus qu’un simple complément de revenu : sous conditions, le cumul emploi-retraite permet désormais de créer une seconde pension.
À 66 ans, Marie a vu sa pension augmenter d’environ 150 € par mois. Pas d’héritage ni de prime oubliée : elle a simplement profité du cumul emploi-retraite « créateur de droits ». Un dispositif encore méconnu, renforcé par la réforme de 2023, qui permet d’obtenir une seconde pension de base en plus de la retraite principale.
Le cumul emploi-retraite : deux régimes bien distincts
Le cumul emploi-retraite permet de percevoir sa pension tout en reprenant une activité salariée ou indépendante.
Il existe deux formes :
– le cumul intégral, sans plafond de revenus ;
– le cumul plafonné, soumis à des limites de ressources.
Seul le cumul intégral ouvre de nouveaux droits à retraite.
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Les conditions pour créer une seconde pension
Pour bénéficier du cumul intégral, il faut :
– avoir atteint l’âge légal de départ ;
– disposer d’une retraite à taux plein (ou avoir 67 ans) ;
– avoir liquidé l’ensemble de ses retraites de base et complémentaires.
Dans ce cadre, les cotisations vieillesse versées sur le nouveau salaire ne sont plus « à fonds perdus ». Elles génèrent une seconde pension de base, distincte de la première.
Combien peut-on gagner ?
La loi encadre le montant de cette nouvelle pension : elle est plafonnée à 5 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 2 403 € par an en 2026 pour la retraite de base.
En pratique, selon le niveau de salaire et la durée d’activité, le gain mensuel supplémentaire est souvent estimé entre 50 € et 150 €.
Les cotisations permettent également d’acquérir de nouveaux points auprès de l’Agirc-Arrco pour les anciens salariés du privé.
Attention : pour percevoir cette seconde pension, une nouvelle demande de liquidation doit être déposée à l’arrêt définitif de l’activité.
Le piège du cumul plafonné
Si toutes les conditions du cumul intégral ne sont pas réunies, le retraité bascule dans le cumul plafonné.
Dans ce cas, les revenus d’activité sont limités (par exemple 160 % du Smic pour un salarié). Les cotisations versées n’ouvrent alors aucun nouveau droit à pension.
Il est donc essentiel de vérifier sa situation avant de reprendre un emploi.
Une fenêtre avant 2027
Les règles actuelles du cumul créateur de droits s’appliquent aux pensions liquidées avant le 1er janvier 2027.
À partir de 2027, de nouvelles restrictions d’âge et de plafonds doivent entrer en vigueur, avec un dispositif moins favorable pour certains profils.
Pour les futurs retraités proches du départ, la date de liquidation peut donc avoir un impact direct sur la possibilité de créer une seconde pension.
Le cumul emploi-retraite n’est plus seulement un complément de revenu immédiat : c’est devenu un outil d’optimisation durable de la pension. Mais tout repose sur le respect strict des conditions du cumul intégral. Avant de signer un contrat ou de prolonger une activité, mieux vaut vérifier sa situation auprès de ses caisses afin d’éviter de cotiser sans créer de droits supplémentaires.
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