Le plafond du Livret A bloque les versements, mais pas la capitalisation des intérêts : un compte peut dépasser 22 950 euros sans dépôt supplémentaire, et c’est cette part excédentaire que la Cour des comptes propose de fiscaliser.
Dans une note publiée en septembre 2026, la Cour des comptes recommande de taxer les intérêts produits par les sommes placées au-delà des plafonds des livrets réglementés. La mesure toucherait une minorité de détenteurs, mais elle concernerait un placement jusqu’ici totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Le Livret A demeure l’un des placements préférés des Français. Depuis le 1ᵉʳ août 2026, son taux annuel est de 1,7 %, contre 1,5 % auparavant, selon Service Public. Cette rémunération, lorsqu’elle s’accumule sur un compte déjà rempli, est précisément ce qui fait grimper le solde au-dessus du plafond.
Le plafond limite les versements, pas les intérêts
Le plafond du Livret A est fixé à 22 950 euros. Il encadre les dépôts : impossible d’y verser au-delà de ce montant. Mais il ne fige pas le solde. Les intérêts sont calculés le 1ᵉʳ et le 16 de chaque mois, d’après le site officiel economie.gouv.fr, puis ajoutés au capital.
Un livret rempli au maximum continue donc de grossir. La capitalisation des intérêts pousse le solde au-dessus de 22 950 euros, sans qu’un euro supplémentaire ait été déposé. Cette mécanique, ignorée de beaucoup d’épargnants, fonde la recommandation de la Cour des comptes. Découvrez notre article sur votre Livret A finance le nucléaire pendant qu’il perd face à l’inflation : 1,7 % de taux contre 3 % de hausse des prix.
Une taxation ciblée sur l’excédent
La Cour des comptes ne vise pas l’ensemble des intérêts du Livret A. Sa recommandation porterait uniquement sur la fraction correspondant aux sommes placées au-delà du plafond. Le taux évoqué serait celui du prélèvement forfaitaire unique, à 31,4 %, impôt sur le revenu et prélèvements sociaux compris, selon Midi Libre.
La réflexion dépasse le seul Livret A. Le LDDS, plafonné à 12 000 euros, le LEP (10 000 euros) et le Livret Jeune (1 600 euros) seraient traités de la même façon. Selon l’estimation citée dans la note, la mesure rapporterait environ 80 millions d’euros par an à l’État.
Qui serait réellement touché
Pour la majorité des détenteurs, rien ne changerait. Sous 22 950 euros, les intérêts resteraient exonérés. La mesure ciblerait d’abord les livrets déjà bien remplis : environ 15 % des Livrets A dépassaient le plafond fin 2025, selon les données citées dans la proposition.
Une distinction compte ici : ce texte est une recommandation, et aucune taxation automatique n’est appliquée aujourd’hui. Le gouvernement et le Parlement resteraient libres de reprendre la piste ou de l’écarter. Retrouvez aussi notre article sur le Livret A : quand 6,89 milliards s’évaporent, les petits choix d’épargne deviennent un vrai sujet.
Fin 2025, la Cour des comptes avait déjà proposé d’abaisser le plafond du Livret A, une piste écartée par le gouvernement, rapportait Le Figaro. L’institution change désormais de cible : elle s’attaque à la fiscalité de l’excédent plutôt qu’au niveau du plafond.
