Partir à la retraite à ce moment de l’année peut augmenter votre pension : peu de gens le savent

Partir à la retraite le 1er janvier ou le 1er février peut augmenter votre pension mensuelle de plusieurs centaines d’euros et réduire significativement votre fiscalité, deux leviers que peu de salariés connaissent.

La date de départ détermine comment vos revenus sont calculés et imposés. Pour un salarié qui envisage de partir dans les 12 prochains mois, ce choix peut représenter plusieurs milliers d’euros. Deux dates précises, le 1ᵉʳ janvier et le 1ᵉʳ février, offrent des avantages distincts.

Pourquoi partir le 1ᵉʳ janvier maximise votre pension : le secret des 25 meilleures années

La règle de base est souvent ignorée. La pension de retraite prend effet uniquement le premier jour d’un mois (CNAV). Jamais en cours de mois. Ce détail administratif a des conséquences financières directes.

Le montant de votre pension de base, dans le régime général, est calculé sur vos 25 meilleures années de revenus. Ces salaires sont revalorisés selon les coefficients officiels de la CNAV. Exception 2026 : les mères nées à partir de 1970 peuvent bénéficier d’un calcul sur 23 ou 24 meilleures années pour les pensions liquidées à compter de septembre 2026.

Le piège est là. L’année de départ, la CNAV ne retient pas les revenus encaissés : elle comptabilise uniquement les trimestres travaillés. Une année incomplète ne peut pas figurer parmi vos 25 meilleures années.

Concrètement : si vous partez le 1ᵉʳ avril 2026, l’année 2026 ne sera pas intégrée dans le calcul de vos meilleures années. Vous perdez potentiellement une année de revenus élevés dans la base de calcul.

Partir le 1ᵉʳ janvier 2027 garantit que l’année 2026, complète, cotisée, rémunérée, entre dans le calcul des 25 meilleures années. C’est mécanique.

Pour valider un trimestre, il faut avoir perçu un salaire soumis à cotisation équivalent à 150 fois le SMIC horaire brut. En 2026, le SMIC horaire est fixé à 12,02 €, soit 1 803 € par trimestre. Il faut donc 7 212 € brut annuels pour valider quatre trimestres (CNAV, 2026). En dessous de ce seuil, les trimestres ne sont pas tous validés. Découvrez notre article sur le départ à la retraite : la date idéale à ne surtout pas rater pour éviter une imposition trop lourde sur votre prime de fin de carrière.

En 2026, l’âge légal varie selon l’année de naissance : de 62 ans (nés avant 1961) à 64 ans (nés à partir de 1969), après la suspension partielle de la réforme par la LFSS 2026. Le taux plein automatique intervient à 67 ans. Une carrière complète exige 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965.

Mais il existe un second levier tout aussi puissant : la fiscalité de votre prime de départ. Et là, le timing change.

Le 1ᵉʳ février : l’astuce fiscale pour réduire votre impôt sur la prime de départ

Partir le premier jour d’un trimestre civil, ou le premier jour de l’année, maximise la pension. Pour la prime de départ, la logique fiscale pointe vers une date différente.

La fiscalité de l’indemnité dépend de qui décide du départ. En cas de départ volontaire, elle est imposable en totalité (hors plan social). En cas de mise à la retraite par l’employeur, une exonération partielle s’applique jusqu’à 240 300 € en 2026. Dans les deux cas, elle s’ajoute à vos autres revenus de l’année, c’est là que le problème surgit.

Si vous partez le 1ᵉʳ janvier, votre prime est perçue en janvier. Elle se cumule avec vos derniers salaires de décembre dans la même déclaration fiscale. La base imposable de cette année de transition peut bondir significativement.

Partir le 1ᵉʳ février change l’équation. La prime est perçue en février, dans une année où vos revenus sont désormais composés de pensions — inférieures à vos derniers salaires. La base imposable est mécaniquement plus basse. L’impôt dû sur la prime diminue en conséquence.

Ce décalage d’un mois peut représenter plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros d’économie selon le montant de votre prime et votre tranche marginale d’imposition.

Troisième levier à ne pas négliger : chaque trimestre civil travaillé au-delà du taux plein déclenche une surcote de 1,25 % par trimestre, soit 5 % par an (régime général). Repousser son départ d’un trimestre complet, et non d’un mois partiel, permet de capter cette majoration dans son intégralité.

Comment choisir entre ces deux dates ? Les critères sont simples.

Comment choisir votre date de départ : le 1ᵉʳ janvier ou le 1ᵉʳ février selon votre situation

Les deux dates répondent à deux objectifs distincts. Le 1ᵉʳ janvier maximise votre pension mensuelle brute. Le 1ᵉʳ février minimise l’impôt sur votre prime de départ. Elles ne sont pas interchangeables.

Un point pratique souvent méconnu : les pensions sont versées à terme échu (CNAV). La pension du mois M est versée au début du mois M+1. Partir le 1ᵉʳ janvier signifie percevoir votre première pension début février.

Le 1ᵉʳ janvier s’impose si votre dernière année de salaire est significativement plus élevée que vos années précédentes. Intégrer cette année dans les 25 meilleures peut augmenter durablement votre pension mensuelle. L’impact se cumule sur toute la durée de votre retraite.

Le 1ᵉʳ février devient pertinent si votre prime de départ est élevée, plusieurs dizaines de milliers d’euros, et que votre tranche marginale d’imposition est importante. Dans ce cas, réduire la base imposable de l’année de transition peut générer une économie fiscale supérieure au gain de pension obtenu par un départ en janvier.

Pour valider quatre trimestres en 2026, rappelons-le, il faut avoir perçu au moins 7 212 € brut soumis à cotisation (CNAV, 2026). Un départ en janvier ou février n’affecte pas la validation des trimestres de l’année précédente, qui sont déjà acquis.

La comparaison entre les deux scénarios nécessite trois données précises : le montant exact de votre prime de départ, votre taux marginal d’imposition, et l’écart entre votre dernière année de salaire et vos meilleures années antérieures. Retrouvez aussi notre article sur à la retraite et toujours en mouvement : voyager sans arrêt avec ses amies.

Le timing de votre départ à la retraite n’est pas une formalité administrative : c’est une décision financière qui peut vous coûter ou vous rapporter plusieurs milliers d’euros. Entre maximiser votre pension mensuelle (1ᵉʳ janvier) et réduire votre impôt sur la prime (1ᵉʳ février), le choix dépend de votre montant de prime et de votre situation fiscale personnelle.

Connaissez-vous le montant exact de votre prime de départ, et avez-vous simulé l’impact fiscal des deux scénarios avec un conseiller retraite ?

Jacqueline

Experte en entrepreneuriat, offrant des conseils pratiques pour aider les entrepreneurs à développer et réussir leurs entreprises.

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