En 2026, de nombreux futurs retraités risquent de voir leur pension amputée sans le savoir. Une simple omission sur le relevé de carrière peut entraîner la perte de trimestres, et avec eux, une baisse de pension pouvant atteindre 150 euros par mois.
Ce phénomène ne résulte ni d’une fraude ni d’un bug majeur, mais plutôt d’un oubli ou d’un défaut de transmission entre administrations. Trop souvent, ces erreurs ne sont détectées qu’au moment de la liquidation des droits, quand il est presque trop tard pour les corriger.
Des trimestres absents, des pensions en baisse
Le système de retraite repose sur deux critères clés : le nombre de trimestres validés et le salaire annuel moyen. Pour les assurés nés en 1965, 172 trimestres sont nécessaires pour une retraite à taux plein, atteignable automatiquement à 67 ans si la durée d’assurance n’est pas complète.
Chaque trimestre manquant avant cet âge entraîne une décote de 0,625 %, plafonnée à 20 trimestres. Résultat : un manque de 12 trimestres peut réduire la pension de base de 7,5 %, sans compter les effets sur la retraite complémentaire. L’impact cumulé peut ainsi atteindre 150 euros par mois.
Les causes invisibles de l’erreur
Certaines périodes de la vie professionnelle échappent encore trop souvent à l’enregistrement automatique. C’est le cas des congés parentaux, des périodes de chômage non indemnisé, des arrêts maladie prolongés ou encore de certaines carrières discontinues.
Le transfert des données entre organismes comme la CAF, France Travail ou la CPAM n’est pas toujours fluide. Il en résulte des lacunes sur les relevés de carrière, parfois longues de plusieurs années.
Les mères de famille particulièrement exposées
La législation prévoit huit trimestres supplémentaires par enfant dans le régime général. Mais dans la pratique, ces droits ne sont pas toujours correctement attribués. Des congés parentaux anciens, notamment dans les années 1990, sont fréquemment absents des relevés. Ce sont souvent les femmes qui sont concernées par ces erreurs silencieuses, en raison d’interruptions de carrière ou de temps partiel non reconnus.
Corriger son relevé avant la retraite : une nécessité
Il est possible d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Il est fortement conseillé de télécharger régulièrement son relevé de carrière sur le portail Info-retraite.fr via FranceConnect. Une lecture attentive permet de repérer les années incomplètes ou les périodes manquantes.
Si une anomalie est constatée, le service “Corriger ma carrière” de l’Assurance retraite permet de transmettre des justificatifs : attestations de chômage, bulletins de salaire, certificats de congé parental ou service militaire, livret de famille, etc. En cas de situation complexe, un contact écrit avec la Carsat reste préférable.
Mieux vaut anticiper que réparer
Les démarches de régularisation sont plus simples si elles sont engagées avant 60 ans. Passé le moment de la liquidation, les délais s’allongent, les recours deviennent incertains et les oublis sont rarement corrigés. En vérifiant son relevé dès 55 ans, on maximise ses chances d’éviter une décote injustifiée et de percevoir une retraite conforme à ses droits réels.
