Le régime de retraite des personnels navigants de l’aéronautique civile (pilotes, hôtesses, stewards) est régulièrement pointé du doigt pour sa générosité supposée. Cette affirmation n’est ni totalement vraie ni totalement fausse. Explications.
Un régime de base commun à tous les salariés
Comme tous les salariés du privé, les personnels navigants relèvent du régime général pour leur retraite de base. Ils doivent donc respecter les mêmes règles : âge légal de départ, durée de cotisation, calcul de la pension.
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Mais un régime complémentaire spécifique, plus avantageux
C’est sur le volet retraite complémentaire, géré par la CRPN (Caisse de Retraite du Personnel Navigant), que des différences importantes apparaissent. Contrairement aux salariés affiliés à l’Agirc-Arrco, les navigants bénéficient de règles plus favorables :
- Départ anticipé : ils peuvent liquider leur retraite complémentaire à partir de 50 ans, sous conditions d’annuités (20 à 30 selon la réforme).
- Pas de décote : la Cour des comptes a souligné en 2025 que ce régime permet une liquidation sans décote dans des conditions bien plus larges que l’Agirc-Arrco.
- Montant élevé : en 2023, la pension moyenne de la CRPN était de 2 846 €, contre 540 € à l’Agirc-Arrco. Une différence due en partie aux salaires élevés des pilotes, base de calcul de leur pension.
Une retraite versée plus tôt
- En 2024, les pilotes liquidaient leur retraite complémentaire en moyenne à 62 ans, les hôtesses et stewards à 58,5 ans, contre 63,4 ans pour les salariés du régime général.
- En vertu du Code des transports, les personnels navigants sont tenus de cesser leur activité à 60 ans (pilotes) ou 55 ans (personnels commerciaux).
- Ils peuvent cumuler leur pension avec des revenus issus d’un autre emploi non navigant.
Une prestation unique en son genre : la majoration à partir de 55 ans
Autre spécificité de la CRPN : une prestation de majoration est versée aux navigants ayant liquidé leur retraite complémentaire avant leur retraite de base. Elle vise à combler l’écart jusqu’à l’âge légal du régime général.
- Montant : 0,8 % du plafond de la Sécurité sociale par année validée, dans la limite de 25 annuités, soit un maximum de 785 € par mois.
- Elle est versée jusqu’à 64 ans et double entre 62 et 64 ans pour compenser le report de l’âge légal dû à la réforme de 2023.
- Cette prestation est cumulable avec une activité professionnelle ou des allocations chômage.
Autres aides spécifiques
En cas de chômage prolongé ou d’inaptitude, des prestations complémentaires existent, comme :
- Une aide mensuelle équivalente à 50 % du salaire brut moyen des 3 dernières années (plafonnée), versée après 60 ans en cas d’épuisement des droits au chômage.
- Une prestation doublée pour les navigants inaptes, versée entre 62 ans et l’âge légal du régime général.
Conclusion : des avantages réels mais encadrés
Les personnels navigants ne bénéficient pas d’un régime « doré » dans sa totalité, mais leur retraite complémentaire est clairement plus favorable que celle des autres salariés. Ces avantages s’expliquent par la spécificité de leur métier : carrières courtes, contraintes de sécurité, absence de solutions de reconversion après 55 ou 60 ans.
Vrai ou faux ? Oui, les retraites des personnels navigants sont plus avantageuses… mais uniquement dans leur composante complémentaire.
