Retraite : voici le budget que les experts jugent indispensable pour vivre correctement

Près d’un actif sur deux redoute une baisse de niveau de vie à la retraite, une crainte que l’inflation et les dépenses croissantes liées à l’âge rendent parfaitement rationnelle. Des institutions ont pourtant chiffré ce que « vivre correctement » signifie en euros. Cet article cite leurs données et montre comment votre budget se transforme entre 65 et 85 ans.

Les trois budgets de retraite reconnus par les experts : de la survie au confort

Tout commence par un plancher. L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) s’élève à 1 043,59 euros mensuels pour une personne seule depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (service-public.fr). Ce montant reste en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1 288 euros par l’INSEE (données 2023). C’est le budget de survie, celui qui ne couvre pas les imprévus, ni les loisirs, ni une mutuelle correcte.

Le vrai repère de référence est posé par l’Institut de recherches économiques et sociales. L’IRES fixe le budget de décence entre 1 700 et 1 800 euros mensuels nets pour une personne seule propriétaire (IRES, 2022, repris en 2026). Ce montant couvre le logement, l’alimentation, l’énergie, les transports, la complémentaire santé et des loisirs raisonnables, sans superflu, sans manque.

Au-dessus, les experts s’accordent sur un seuil de confort situé entre 2 000 et 2 500 euros mensuels nets (consensus médias spécialisés, 2026). Ce niveau intègre des déplacements réguliers, des activités culturelles et une marge de sécurité face aux dépenses imprévues.

Un quatrième chiffre mérite attention. Le baromètre Retraite.com–Silver Alliance, fondé sur plus de 200 devis et 19 services analysés, chiffre à 1 291 euros par mois le coût des services indispensables pour bien vieillir chez soi à partir de 65 ans, soit 15 487 euros par an. Ce montant s’ajoute aux dépenses courantes, il ne les remplace pas. Il a progressé de +2,40 % entre 2024 et 2025, suivant l’inflation des services à la personne.

Ces montants sont des moyennes nationales. Votre situation personnelle, votre âge, votre région, votre statut résidentiel modifient sensiblement le budget réel à prévoir. Découvrez notre article sur l’Agirc-Arrco : cette règle méconnue qui peut gonfler votre pension de retraite.

Comment votre budget retraite augmente avec l’âge : la règle des 70-80 % et au-delà

Les spécialistes de la retraite utilisent un premier repère de calcul : la règle des 70 à 80 % du dernier revenu net (BDOR, 2026). Si vous gagnez 2 500 euros nets en fin de carrière, votre pension cible se situe entre 1 750 et 2 000 euros. Ce repère suppose que vos charges diminuent à la retraite — crédit soldé, enfants autonomes — ce qui n’est pas systématique.

Car le budget réel augmente avec l’âge, parfois fortement. Le baromètre Retraite.com–Silver Alliance détaille cette progression par tranche d’âge. Entre 65 et 75 ans, les services supplémentaires liés au bien-vieillir représentent 719 euros mensuels. Entre 75 et 85 ans, ce poste monte à 937 euros. Au-delà de 85 ans, il atteint 2 216 euros par mois. Ces montants couvrent aide à domicile, portage de repas, téléassistance, transport adapté.

La mutuelle santé illustre cette même dynamique. Son prix médian s’établit à 71 euros par mois à 65 ans pour une couverture faible. Il grimpe à 119 euros entre 85 et 89 ans. Une hausse de 68 % sur vingt ans, pour une couverture identique.

La conclusion arithmétique est directe : le budget de décence de 1 700 à 1 800 euros (IRES) peut suffire à 65 ans pour un propriétaire en bonne santé. Il devient insuffisant après 85 ans, quand les services à domicile s’accumulent.

Au-delà de ces chiffres nationaux, un facteur déterminant change tout : votre lieu de résidence et votre capacité à rester chez vous plutôt que d’entrer en Ehpad.

Région, propriété et maintien à domicile : les trois variables qui font exploser ou réduire votre budget

Le coût de la vie peut atteindre 30 % d’écart entre une grande métropole et un territoire rural (BDOR, 2026) : 1 800 euros à Lyon n’ont pas le même pouvoir d’achat qu’à Aurillac.

Le statut résidentiel pèse autant. Le budget de décence de l’IRES à 1 700-1 800 euros est calculé pour un propriétaire sans loyer résiduel (IRES, 2022). Un locataire doit ajouter son loyer à ce montant. Dans les grandes agglomérations, cela peut représenter 600 à 900 euros supplémentaires par mois, ce qui propulse le budget de décence réel au-delà de 2 500 euros.

La question de l’Ehpad est la variable la plus lourde. Le coût mensuel moyen d’un établissement atteint 2 620 euros en 2025, en hausse de plus de 20 % sur cinq ans (CNSA, 2025). Ce montant correspond à une chambre simple en établissement non habilité à l’aide sociale, les suppléments d’hébergement dans les établissements privés commerciaux peuvent dépasser 3 000 euros.

Le baromètre Retraite.com–Silver Alliance chiffre l’écart : 1 291 euros de services mensuels à domicile contre 2 620 euros en Ehpad, soit plus de 1 300 euros d’économie mensuelle, à condition que le logement soit adapté et les aidants disponibles.

Le budget « indispensable » pour bien vivre à la retraite n’existe pas en absolu : il dépend de votre âge, de votre région et de vos choix de vie. Mais les repères de l’IRES et du baromètre Retraite.com–Silver Alliance permettent d’anticiper avec précision. Entre 1 043 euros de survie (Aspa 2026) et 2 500 euros de confort, le seuil de décence se situe à 1 700-1 800 euros nets, à condition d’être propriétaire, en bonne santé et de vivre hors métropole tendue. Retrouvez aussi notre article sur les retraités : cette simple lettre peut vous permettre de récupérer une pension oubliée depuis des années.

Avez-vous calculé votre budget cible et mis en place une épargne pour l’atteindre ?

Jacqueline

Experte en entrepreneuriat, offrant des conseils pratiques pour aider les entrepreneurs à développer et réussir leurs entreprises.

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