Alors que les débats parlementaires autour du budget de la Sécurité sociale pour 2026 se poursuivent, la question de la revalorisation des retraites cristallise les tensions. Si le gel des pensions a été supprimé par les députés, le Sénat, majoritairement à droite, souhaite revenir sur cette décision.
En coulisses, un compromis semble émerger : une hausse ciblée, uniquement pour les retraités aux revenus les plus modestes.
Une revalorisation partielle sur la table
Dimanche, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a évoqué la piste d’une indexation partielle. Dans une interview au Parisien, elle a expliqué qu’il serait « difficile d’imaginer dégeler toutes les retraites et prestations sociales ».
En clair, les petites pensions pourraient être revalorisées, tandis que les plus élevées resteraient gelées. Le but : limiter les dépenses tout en évitant d’impacter les retraités les plus fragiles.
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Le seuil des 1 400 euros comme référence
Même si aucun montant officiel n’a été fixé, plusieurs sources évoquent un seuil autour de 1 400 euros. Selon Élisabeth Doineau, rapporteure au Sénat, seules les pensions inférieures à ce montant devraient bénéficier d’une hausse.
Une position confirmée par d’autres élus de droite, qui souhaitent réserver « un geste » aux petites retraites, sans toucher à l’ensemble du système.
Comment fonctionne la revalorisation des retraites ?
En théorie, les pensions de base sont revalorisées automatiquement chaque 1er janvier, en fonction de l’inflation. Mais le gouvernement peut modifier cette règle via le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Cela peut se traduire par :
- un gel (aucune hausse) ;
- une sous-indexation (hausse inférieure à l’inflation) ;
- une indexation partielle (hausse réservée à certaines pensions).
En 2019, le gouvernement avait déjà eu recours à la sous-indexation, limitant la hausse des retraites à 0,3 % malgré une inflation bien plus élevée.
Coup dur pour les retraités du privé
En parallèle, les retraités du secteur privé ont appris qu’il n’y aurait pas de revalorisation de la retraite complémentaire Agirc-Arrco cette année. Faute d’accord entre les partenaires sociaux sur un nouveau taux d’ajustement, les pensions resteront inchangées, malgré la hausse du coût de la vie. Une décision mal vécue par de nombreux assurés.
En résumé :
- Revalorisation possible uniquement pour les pensions inférieures à 1 400 €
- Pas de hausse prévue pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco
- Une décision définitive attendue à l’issue du débat parlementaire sur le PLFSS
