À l’approche de 2026, la question de l’évolution des pensions de retraite reste incertaine. Si le gel général voté à l’Assemblée nationale a été remis en cause par le Sénat, un compromis semble se dessiner autour d’une revalorisation partielle, ciblée sur les pensions les plus modestes.
Vers une indexation sélective ?
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est récemment montré favorable à la suppression du gel des retraites initialement prévu, le gouvernement n’écarte plus l’idée d’un compromis.
Dimanche, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a laissé entendre qu’un effort pourrait être concentré sur les pensions les plus faibles. « Il est difficile d’imaginer qu’on puisse dégeler toutes les retraites », a-t-elle précisé dans Le Parisien, évoquant une possible contribution accrue des pensions les plus élevées au « redressement budgétaire » prévu pour 2026.
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Le seuil de 1 400 euros en ligne de mire
Bien qu’aucun seuil officiel n’ait été annoncé, la majorité sénatoriale a proposé de ne pas appliquer le gel aux retraités percevant moins de 1 400 euros brut par mois.
Selon Élisabeth Doineau, rapporteure générale de la commission des Affaires sociales au Sénat, ce montant pourrait servir de référence pour définir les pensions bénéficiant d’une revalorisation. Une idée également évoquée dès octobre par Sébastien Lecornu.
Comment fonctionne la revalorisation ?
En principe, les retraites de base sont automatiquement réévaluées au 1er janvier de chaque année, en fonction de l’inflation constatée sur les 12 mois précédents. Cependant, le gouvernement a la possibilité de modifier cette règle via le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) : en gelant la revalorisation (désindexation), en la limitant (sous-indexation), ou en l’appliquant uniquement à certaines pensions (indexation partielle).
Ce n’est pas une première.
En 2019, sous le gouvernement Philippe, les retraites avaient été sous-indexées : une hausse limitée à 0,3 %, contre 1,6 % d’inflation à l’époque, avait permis une économie budgétaire significative.
Pas de revalorisation pour l’Agirc-Arrco
Autre mauvaise nouvelle pour les retraités du privé : la retraite complémentaire Agirc-Arrco ne sera pas revalorisée cette année.
Faute d’accord entre partenaires sociaux sur le taux d’ajustement, aucune hausse ne sera appliquée, suscitant incompréhension et mécontentement chez de nombreux bénéficiaires.
À retenir :
- Une revalorisation partielle des retraites est envisagée pour 2026.
- Les pensions inférieures à 1 400 € pourraient être les principales bénéficiaires.
- Les retraites complémentaires Agirc-Arrco, elles, resteront inchangées.
