Selon une étude commandée par le Conseil d’orientation des retraites à Bercy, reporter l’âge de départ de 64 à 65 ans permettrait de gagner 210 000 emplois et +0,7 point de PIB à vingt ans, tandis que le déficit du régime atteindrait déjà 5 milliards d’euros en 2026. La question s’annonce explosive pour la campagne présidentielle. Les chiffres du COR sont sans appel : après un déficit de 1,7 milliard d’euros en 2024, le trou pourrait atteindre 6,6 milliards d’euros en 2030 et jusqu’à 1,4 point de PIB en 2070 si rien n’est fait.
Baisser les pensions : écarté pour ses effets sur l’emploi et la consommation
La première piste examinée par la direction générale du Trésor consistait à réduire les pensions, ce qui permettrait d’économiser près de 6 milliards d’euros. Mais l’effet macroéconomique serait négatif : une contraction du PIB de 0,2 % à cinq ans et la destruction d’environ 21 000 postes à horizon de cinq ans. En gelant les pensions, le revenu des retraités recule, ce qui pèse immédiatement sur la consommation et freine l’activité économique. Découvrez notre article sur la retraite : vos années de bénévolat vont-elles vraiment compter pour votre pension ?
Augmenter les cotisations : écarté pour l’impact sur l’emploi
La deuxième option, augmenter les cotisations sociales côtés salariés comme employeurs, a également été rejetée. Le Trésor estime qu’une telle mesure rognerait l’activité de 0,1 point de PIB et détruirait jusqu’à 130 000 emplois à cinq ans. Un coût économique jugé trop élevé pour être envisagé sérieusement dans le contexte actuel.
Reporter l’âge à 65 ans : la seule solution économiquement positive selon Bercy
La solution la plus sensible politiquement s’avère être la plus efficace économiquement. En repoussant l’ouverture des droits de 64 à 65 ans, le PIB progresserait de 0,5 point à cinq ans et de 0,7 point à vingt ans, avec 210 000 postes gagnés à long terme. L’équation est simple : travailler plus longtemps augmente la durée de cotisation tout en retardant le versement des pensions, un double levier qui améliore rapidement l’équilibre financier. Le COR estimait déjà dans son rapport de juin dernier qu’un âge de 64,3 ans en 2030 permettrait d’équilibrer les comptes. Pour aller plus loin, découvrez aussi notre article sur la retraite : voici le budget minimum pour vivre dignement en France.
Conclusion
Ces conclusions de Bercy promettent de rallumer la bataille des retraites avant la présidentielle, les syndicats restant farouchement opposés à toute nouvelle mesure d’âge après la mobilisation massive contre la réforme de 2023. Pensez-vous qu’un report de l’âge de départ à la retraite à 65 ans est inévitable pour sauver le système, ou existe-t-il selon vous d’autres solutions pour résorber un déficit qui pourrait atteindre 6,6 milliards d’euros en 2030 ? Donnez votre avis en commentaire.
