Une pension de moins de 922 € par mois ne suffit pas à garantir l’exonération de CSG : 51 % des retraités y échappent, mais 16 % la paient au taux plein, souvent à cause du revenu fiscal du foyer, donc de celui du conjoint.
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a croisé le niveau des pensions de 2024 avec le taux de CSG appliqué en 2025. Le constat est simple à énoncer, mais trompeur en pratique : le taux de CSG dépend du revenu fiscal de référence du ménage, pas du seul montant de la pension.
Deux seuils se croisent. L’exonération totale s’applique sous 1 087 € de revenu fiscal de référence par mois pour une personne seule, et 1 378 € pour un couple. Le taux plein s’applique au-delà de 2 205 € pour une personne seule et 2 795 € pour un couple. Entre les deux, des taux réduits s’appliquent selon des paliers.
Sous 922 €, l’exonération n’est pas acquise
Parmi les retraités dont la pension mensuelle reste sous 922 €, 51 % sont exonérés de CSG, mais 16 % la paient au taux plein. À pension identique, le sort fiscal dépend du foyer.
À l’autre bout de l’échelle, le rapport s’inverse. Sur les pensions supérieures à 3 293 € par mois, 77 % supportent le taux plein et 2 % seulement sont exonérées. Découvrez notre article sur votre pension complémentaire Agirc-Arrco va augmenter en novembre 2026 : comment savoir si vous êtes concerné.
Le revenu du conjoint fait basculer la petite pension
La petite pension d’un conjoint peut être taxée au taux plein à cause des revenus de l’autre. En 2024, 46 % des retraités vivaient seuls : pour eux, une faible pension se traduit directement par un niveau de vie modeste. Pour les autres, le second revenu change la donne.
Le COR mesure une forte homogamie chez les retraités, qui vivent le plus souvent avec quelqu’un du même niveau de pension. Les couples mixtes existent pourtant : 26,3 % des personnes touchant moins de 922 € vivent avec un conjoint à plus de 3 293 €, ce qui relève leur niveau de vie. À l’échelle du pays, les retraites pèsent 20 € sur 100 dans les revenus des ménages, une part perçue à 30 % par les 20 % les plus aisés contre 8 % pour les 20 % les plus modestes, selon l’Observatoire des données publiques.
Vérifier l’avis d’imposition avant de conclure
Le bon réflexe part de l’avis d’impôt reçu en 2026, qui fixe la CSG de 2027. Il faut comparer le revenu fiscal de référence au seuil du foyer, qui dépend du nombre de parts et non de la seule pension.
Un changement de situation compte aussi. Après un veuvage ou une séparation, c’est le revenu fiscal du nouveau foyer qui s’applique, avec deux ans de décalage : une pension taxée au taux plein peut redevenir exonérée.
Pour un retraité modeste, le taux de CSG se joue sur l’avis d’imposition, qui reflète le revenu fiscal du foyer entier. Retrouvez aussi notre article sur l’Agirc-Arrco : avant novembre 2026, le réflexe de vérification à avoir pour ne rien manquer sur votre pension complémentaire.
