Deux trimestres d’enfant, pas un de plus : c’est la limite exacte du bonus dans le départ anticipé en carrière longue, et elle ne bouge pas, même avec trois enfants.
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, deux trimestres de majoration pour enfant comptent comme des trimestres cotisés pour le départ anticipé en carrière longue. La mesure est issue de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisée par un décret du 29 juillet 2026. Service-Public.fr détaille les conditions du départ en carrière longue depuis cette date.
Le point qui fausse le plus de calculs : ces deux trimestres forment un plafond total, pas un droit par enfant. Et ils ne tombent pas automatiquement chez les deux parents.
Le plafond exact : deux trimestres au total, même avec trois enfants
Une salariée à qui il manque deux trimestres cotisés pour partir plus tôt, mère d’un enfant, les comble avec ses deux trimestres de majoration. Il ne lui reste plus rien à trouver, quand une année d’études rachetée ne lui en aurait comblé aucun.
Le plafond joue dans l’autre sens avec trois enfants : le bonus reste de deux trimestres au total. Un assuré à qui il manque cinq trimestres cotisés doit donc en trouver trois, quel que soit son nombre d’enfants.
Les trimestres d’enfant au-delà de deux ne s’évaporent pas. Ils restent utiles au calcul de la pension : pour une retraite prenant effet à partir du 1ᵉʳ septembre 2026, un assuré qui détient des trimestres de majoration pour enfants voit sa pension calculée sur ses 24 meilleures années, selon Kelretraite. Mais ils n’avancent plus la date du départ. Découvrez notre article sur la retraite anticipée : ce que les générations 1964 à 1970 doivent vérifier avant de compter sur la carrière longue.
Ce que ces deux trimestres changent face au rachat d’études
Pour la carrière longue, seuls les trimestres cotisés ouvrent la porte, ceux qu’un salaire ou un revenu d’activité a financés, à quelques exceptions près. Le relevé de carrière mélange deux familles : les trimestres validés, qui fixent le montant de la pension, et les trimestres cotisés, qui conditionnent le départ anticipé.
L’écart est net avec le rachat. Un trimestre d’études racheté coûte de 1 055 € à 8 675 € selon l’âge, l’option et les revenus, et n’avance le départ d’aucun jour : la Cnav écarte les années d’études et les années incomplètes rachetées pour toute demande déposée depuis le 13 octobre 2008. Un trimestre d’enfant ne coûte rien.
Seul l’apprentissage fait exception : un contrat signé entre 1972 et 2013 se rachète et compte pour la carrière longue depuis le 1ᵉʳ septembre 2023. Le rachat d’études garde un intérêt, mais ailleurs : il réduit la décote de 1,25 % par trimestre manquant et améliore la pension, pas la date de départ.
Qui peut réclamer ces trimestres
Les deux trimestres profitent d’abord à qui détient les majorations, le plus souvent la mère. Les pères ne sont pas exclus : le bonus suit les trimestres de majoration, et le père peut en réclamer une partie dans les six mois qui suivent les quatre ans de l’enfant. Sans démarche de sa part, ils restent à la mère.
La carrière longue reste très inégale : un homme sur quatre en profite, une femme sur dix. Avant de racheter quoi que ce soit, trois vérifications s’imposent : lire le relevé de carrière sur info-retraite.fr, compter ses trimestres d’enfant (deux au plus entrent dans le calcul), et demander une attestation de carrière longue à sa caisse. Retrouvez aussi notre article sur la retraite anticipée : les nouvelles règles pour carrière longue sont enfin précisées, voici ce qui change.
Si l’objectif est d’améliorer la pension plutôt que la date de départ, le rachat reste possible. Son prix se prépare alors sur une épargne disponible : le Livret A sert 1,50 % en 2026, soit une épargne qui perd encore 0,60 % par an face à l’inflation, selon Hagnéré Patrimoine.
