Posséder son logement peut coûter cher au moment du veuvage. La pension de réversion est soumise à un plafond de ressources, et la maison entre dans le calcul. Un patrimoine immobilier peut donc réduire le versement, voire le supprimer.
La pension de réversion permet au conjoint survivant de toucher une partie de la retraite de la personne décédée. Elle n’est pas automatique. Au régime général, son attribution dépend du niveau de ressources, et le logement occupé figure parmi les éléments examinés.
Beaucoup de conjoints survivants l’ignorent : détenir une maison peut jouer contre eux au moment de la demande.
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Une pension versée sous condition de ressources
La réversion représente une fraction de la retraite du défunt. Au régime général, la CNAV verse 54 % de la pension de base. À l’Agirc-Arrco, la retraite complémentaire des salariés du privé, le taux monte à 60 %.
La pension de base n’est pas versée sans contrôle. Le conjoint survivant doit justifier de ressources inférieures à un plafond, révisé chaque année. Au-dessus de ce seuil, la réversion est réduite ou refusée.
Le bénéficiaire est le conjoint survivant non remarié. Les conjoints séparés de corps et les ex-conjoints non remariés peuvent aussi y prétendre selon les régimes.
La maison, un bien qui joue contre vous
C’est ici que la propriété immobilière devient un piège. Le logement du conjoint survivant est intégré au calcul des ressources, même quand il ne rapporte aucun loyer.
Un bien occupé ou laissé vacant est valorisé comme s’il produisait un revenu. Un couple modeste sur le papier, mais propriétaire de son pavillon, peut ainsi dépasser le plafond et perdre tout ou partie de la réversion.
Le paradoxe est rude : la maison que l’on pensait être un filet de sécurité peut, au moment du veuvage, faire perdre une partie des revenus qui restent.
Que vérifier avant de demander la réversion
Avant de déposer la demande, le conjoint survivant a intérêt à recenser précisément ses ressources : pensions, revenus, mais aussi la valeur de son bien immobilier.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco, elle, est versée sans condition de ressources. Un conjoint qui perd la réversion de base peut donc conserver cette part.
Le plafond exact et la façon dont le logement est valorisé varient selon les caisses. La démarche la plus sûre reste de demander une simulation à sa caisse de retraite avant d’entamer les formalités.
Pour mesurer ce que la perte représente : en 2024, la Drees chiffrait la pension moyenne des retraités français à 1 705 euros bruts par mois. Une réversion amputée pèse lourd sur un budget déjà modeste.
