Quitter la France pour sa retraite ne ferme pas l’assurance vie, mais en change la fiscalité : les 17,2 % de prélèvements sociaux ne s’appliquent plus aux gains rachetés après le départ.
Environ un retraité du régime général sur quatorze vit déjà hors de France. Pour lui, ce qui compte n’est ni la nationalité ni le temps passé à l’étranger, mais le domicile fiscal : le pays dont le fisc le compte parmi ses contribuables.
La règle tient en une phrase publiée par impots.gouv.fr : « Si votre domicile fiscal est hors de France, vous ne pouvez pas détenir les produits suivants ». Trois livrets doivent fermer. Les autres placements, assurance vie comprise, se gardent.
Assurance vie : la fin des 17,2 % sur les gains rachetés après le départ
Un non-résident ne paie plus les 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains acquis ou rachetés après le départ. Le changement tient au transfert du domicile fiscal.
Les prélèvements déjà versés ne sont pas remboursés. Ceux prélevés sur le fonds en euros avant le départ restent acquis. La date du rachat pèse lourd : un retrait fait la veille du départ n’est pas taxé comme le même retrait fait le lendemain.
Le contrat se conserve sans condition. Aucune obligation de fermer dans la précipitation : le conserver préserve au contraire son antériorité fiscale. Découvrez notre article sur la retraite à l’étranger : ces pièges fiscaux qui ruinent des milliers de seniors chaque année.
Ce qui se ferme, ce qui se garde au départ
Le départ oblige à fermer trois livrets : le LDDS, le LEP et le Livret jeune. Leur clôture s’impose dès que le domicile fiscal passe la frontière, quel que soit le montant déposé.
Le Livret A, lui, reste ouvert. Aucune condition d’âge, de nationalité ni de résidence fiscale n’est exigée pour le détenir. Son taux, fixé à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026 selon Service Public, continue de s’appliquer.
Le PEL et le CEL se gardent aussi. Le PEA se conserve depuis le 20 mars 2012, date à laquelle le changement de domicile fiscal a cessé d’entraîner sa fermeture. Une seule destination impose encore sa clôture : un État que la France classe « non coopératif » en matière fiscale.
Le compte-titres se garde sans condition liée à la résidence. Garder un placement ne garantit pas d’en ouvrir un nouveau : depuis l’étranger, l’ouverture dépend du seul accord de l’établissement.
Avant de partir : les gestes qui protègent l’épargne
Prévenir sa banque et son assureur du changement de résidence fiscale est une obligation prévue par le contrat, pas une simple formalité.
Côté banques en ligne, les règles divergent. Fortuneo, Hello bank!, BforBank et Monabanq exigent une résidence fiscale en France. BoursoBank accepte les non-résidents. La liste n’est pas exhaustive et les conditions évoluent.
Le tri se résume à cinq gestes : fermer le LDDS, le LEP et le Livret jeune avant la date du départ ; prévenir chaque banque et chaque assureur ; vérifier si le pays d’arrivée figure sur la liste noire fiscale ; demander les règles de versement du PEA ; choisir le compte qui recevra la pension.
Partir à la retraite à l’étranger ne remet pas tout en cause. L’assurance vie se garde et sa fiscalité s’allège sur les gains rachetés après le départ. Les seuls placements à fermer sont le LDDS, le LEP et le Livret jeune. Le reste tient à des démarches à faire dans l’ordre, avant le départ. Retrouvez aussi notre article sur l’alerte retraite : près d’un million de Français à l’étranger dans le viseur des contrôles.
