Entre 1 260 et 1 500 euros de pension mensuelle, il y a une frontière que le Sénat veut déplacer, et elle pourrait décider si votre pension suit l’inflation en 2027.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 prévoit, dans sa version gouvernementale, de réserver la revalorisation indexée sur l’inflation aux seules pensions de base ne dépassant pas 1 260 euros par mois. Soit environ un tiers des retraités.
Le 4 novembre 2026, la commission des Affaires sociales du Sénat a proposé de relever ce seuil à 1 500 euros. La mesure n’est pas encore votée, mais elle dessine déjà le point de bascule entre deux situations : voir sa pension revalorisée, ou non.
Le seuil qui décide de tout
Le mécanisme tient en une ligne. Sous le seuil, la pension de base est revalorisée en fonction de l’inflation. Au-dessus, elle reste gelée.
Le gouvernement avait fixé la barre à 1 260 euros. La majorité sénatoriale souhaite la monter à 1 500 euros. « 40 % des retraités vont pouvoir avoir une revalorisation de leur pension de retraite » avec ce seuil, a précisé la sénatrice LR Marie-Do Aeschlimann, soucieuse de « préserver le pouvoir d’achat des retraités » sans sacrifier « l’équilibre du système de retraite ».
En contrepartie, le Sénat propose aussi de rétablir la réforme des retraites de 2023, suspendue l’an dernier par le Premier ministre Sébastien Lecornu jusqu’au début de l’année 2028. Objectif affiché : récupérer 600 millions d’euros en 2027. Découvrez notre article sur la pension minimum 2026 : ce que touche réellement une femme seule à la retraite.
La bande des 1 260 à 1 500 euros
C’est la zone sur laquelle tout le débat porte. Avec le seuil gouvernemental à 1 260 euros, une pension de 1 350 ou 1 450 euros sortait de la revalorisation inflation. Avec le seuil sénatorial à 1 500 euros, elle y reviendrait.
Le rapporteur général centriste Olivier Henno (UDI) assume l’effort demandé : « L’exercice est très difficile, mais on n’a pas le choix », a-t-il déclaré, refusant de « reporter les paiements sur les générations futures ».
Le président LR de la commission, Philippe Mouiller, fixe l’objectif budgétaire : tenir le déficit de la Sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros en 2027, contre 21,8 milliards en 2026.
Un vote encore loin d’être acquis
Le chemin est encore long. Le texte a été rejeté fin octobre par l’Assemblée nationale, à 115 voix contre et une seule pour. Les sénateurs repartiront de la version initiale lors de l’examen en séance, prévu du 9 au 18 novembre, avec un vote solennel sur l’ensemble à la clé.
Le gouvernement peut encore recourir à l’article 49.3 pour passer en force, ou choisir la voie des ordonnances. Dans les deux cas, la proposition sénatoriale sur le seuil de 1 500 euros n’est pas gravée dans la loi.
Pour un retraité dont la pension se situe entre 1 260 et 1 500 euros, la décision finale sur ce seuil déterminera si sa revalorisation 2027 suit l’inflation ou non. Retrouvez également notre article sur la pension Agirc-Arrco de novembre : ce que le changement change concrètement sur votre versement.
