Le 5 mai 2026, syndicats et patronat se retrouvent pour décider d’un rattrapage de 0,6 % à 1 % sur votre retraite complémentaire — gelée depuis novembre 2025. Le patronat n’a toujours pas montré ses cartes.
Depuis novembre 2025, les 14 millions de retraités Agirc-Arrco attendent une revalorisation qui n’a pas eu lieu, faute d’accord entre syndicats et patronat. Pour vous, cela signifie une perte de pouvoir d’achat réelle, alors même que le régime reste excédentaire, malgré un résultat en net recul. Cet article explique pourquoi une hausse avant novembre 2026 est possible mais loin d’être garantie, et ce qui doit se passer pour que ça change.
Pourquoi votre retraite Agirc-Arrco n’a pas augmenté en novembre 2025
Chaque année, au 1ᵉʳ novembre, la valeur du point Agirc-Arrco est révisée. C’est ce point qui détermine directement le montant de votre pension complémentaire. En novembre 2025, cette revalorisation n’a pas eu lieu. La valeur du point est restée bloquée à 1,4386 €, sans aucune augmentation.
Pourtant, les règles internes prévoyaient une hausse. Selon l’ANI 2023-2026, la revalorisation est indexée sur l’inflation hors tabac (estimée à 1 % en 2025 par l’INSEE) diminuée de 0,4 point, avec une marge de ±0,4 point. La fourchette possible était donc de 0,2 % à 1 %. Le patronat a défendu le minimum (0,2 %) ; les syndicats réclamaient 1 %, puis 0,8 %.Aucun compromis n’a été trouvé lors du conseil d’administration du 17 octobre 2025.
Pour mémoire, la dernière hausse appliquée remonte au 1ᵉʳ novembre 2024, avec une revalorisation de +1,6 %. Ce gel résulte d’un blocage paritaire : sans accord entre syndicats et patronat, aucune revalorisation ne peut être actée. Mais les syndicats ne comptent pas en rester là. Ils réclament un rattrapage dès mai 2026. Retrouvez notre article sur le Livret d’épargne 2026 : ce comparatif complet révèle les meilleures options pour placer votre argent.
Les syndicats demandent un rattrapage avant novembre : voici les conditions
« Nous voulons bien dissocier les deux revalorisations, celle de rattrapage et celle, traditionnelle, prévue au 1ᵉʳ novembre. Pour nous, le rattrapage doit se situer entre 0,6 % et 1 %. » C’est la position exprimée par Régis Mezzasalma, représentant de la CGT, le 27 avril 2026.
Cette demande est portée par les cinq syndicats représentatifs : CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC. La fourchette revendiquée, entre 0,6 % et 1 %, correspond précisément à la hausse qui aurait dû intervenir en novembre 2025 selon les règles du régime.
Pour appuyer cette demande, les syndicats s’appuient sur un argument financier difficile à contester. Agirc-Arrco a présenté ses résultats le 31 mars 2026 : excédent global de 1,4 milliard d’euros (contre 4,6 milliards en 2024) et réserves de 91,2 milliards d’euros. Ce jour-là, la vice-présidente Brigitte Pisa a confirmé qu’aucune revalorisation n’interviendrait avant l’automne.
Christelle Thieffinne, représentante de la CFE-CGC, a été directe le 27 avril 2026 : « Pour nous, la non-revalorisation de la retraite complémentaire en 2025 est un échec. C’est l’un des sujets prioritaires que nous devons traiter entre partenaires sociaux. D’autant que les finances du régime se portent bien. »
La date pivot est connue. Une réunion des partenaires sociaux est programmée le 5 mai 2026. C’est là que tout se jouera, ou ne se jouera pas. Mais, un accord ne dépend pas que des syndicats. Le patronat, qui reste silencieux, doit aussi donner son feu vert.
Patronat silencieux : les vrais obstacles à une hausse avant novembre
Le Medef, la CPME et l’U2P n’ont, à ce stade, formulé aucune position publique sur la demande de revalorisation intermédiaire. Ce silence n’est pas anodin dans un régime paritaire où chaque décision requiert un accord des deux camps.
Le 31 mars 2026, lors de la présentation officielle des résultats, la direction d’Agirc-Arrco n’a annoncé aucune revalorisation intermédiaire. Les réserves de 91,2 milliards d’euros étaient pourtant connues ce jour-là. Le silence du patronat face à ce chiffre est, en lui-même, un signal.
L’obstacle est aussi réglementaire : une revalorisation intermédiaire sort du cadre de l’ANI 2023-2026, qui ne prévoit qu’une révision annuelle au 1ᵉʳ novembre. Sortir de ce cadre exige une volonté politique explicite des deux parties. Les syndicats l’ont. Le patronat ne l’a pas encore exprimée.
Si le 5 mai ne débouche sur aucun accord, une nouvelle réunion pourrait être organisée après le 14 juillet 2026. Cela laisserait peu de marge avant la revalorisation habituelle de novembre. Découvrez aussi notre article sur la retraite : cette aide méconnue qui peut augmenter votre pension dès ce mois-ci.
Une hausse avant novembre 2026 reste possible : les réserves le permettent. Mais sans signal du patronat, le gel se prolonge jusqu’à l’automne, et la revalorisation de novembre devra alors intégrer le rattrapage manqué de 2025.
Pour un retraité touchant 800 € de complémentaire, un rattrapage de 0,8 % représente 6,40 € de plus par mois — soit 77 € sur l’année. Avez-vous calculé ce que ce gel vous a coûté depuis novembre 2025 ?
