Le taux d’épargne des ménages français recule depuis son record de 18,9 %, et le Livret A ne protège l’inflation qu’à 0,18 point près : c’est le double mouvement qui résume la situation de l’épargne française au deuxième trimestre 2026.
Au deuxième trimestre 2026, les ménages ont mis de côté 17,2 % de leur revenu disponible, selon l’Insee. C’est 1,7 point de moins qu’au deuxième trimestre 2025, où le taux culminait à 18,9 %, un plus haut inédit depuis les années 1970. Ce point et demi est en partie rendu à la consommation, dans un trimestre où les prix ont encore progressé de 1,0 %.
La France reste une grosse épargnante : la zone euro plafonne à 14,2 % sur la même période, d’après Eurostat. L’écart tient toujours à 3 points. Mais la question a changé de nature : ce qui compte désormais, c’est ce que cet argent rapporte une fois l’inflation déduite.
Un taux en recul depuis le pic de 18,9 %
La pente est nette sur un an. L’Insee mesure 18,2 % en moyenne sur 2024, puis 18,9 % au deuxième trimestre 2025. Le taux retombe à 17,9 % au premier trimestre 2026, avant de fléchir à 17,2 % au deuxième.
Le recul de 1,7 point en douze mois correspond pour l’essentiel à de la consommation qui repart. Avec des prix en hausse de 1,0 % sur le seul deuxième trimestre 2026, une partie du mouvement tient aussi à l’arbitrage des ménages entre dépenser et garder une réserve. Retrouvez aussi notre article sur le Livret A et LEP : pourquoi février 2027 pourrait améliorer le rendement de votre épargne.
Toujours 3 points au-dessus de la zone euro, avec un classement à relativiser
Malgré le repli, la France épargne davantage que la moyenne de la zone euro (14,2 %), que l’Italie et l’Espagne, et que les États-Unis. Seule l’Allemagne fait mieux, avec un taux voisin de 19 % en 2025 selon les calculs harmonisés de la Banque de France, publiés le 7 juillet 2026.
La comparaison reste piégeuse : les méthodes diffèrent d’un institut à l’autre. La statistique officielle américaine affiche 4,6 %, quand le calcul harmonisé donne 10,7 % pour la même année. Surtout, une moyenne nationale agrège tous les ménages, et les plus aisés y pèsent lourd. Un foyer situé autour de la médiane n’épargne qu’environ 6 % de son revenu.
Un Livret A qui ne protège plus qu’à 0,18 point de l’inflation
Tout l’argent épargné ne finit pas sur un placement : au deuxième trimestre 2026, la part placée en produits financiers représente 8,5 % du revenu. Le reste sert surtout au logement, et une partie notable dort sur des comptes courants non rémunérés.
Pour l’épargne de précaution, le rendement réel est mince. Le Livret A et le LDDS servent 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, quand l’inflation moyenne du premier semestre s’établit à 1,52 %. Le gain réel se résume à 0,18 point. Le plafond, lui, reste fixé à 22 950 euros par personne.
Le LEP, réservé aux revenus modestes, fait exception : son taux de 2,5 % dépasse nettement l’inflation, puisqu’il a été fixé au-dessus des 2,2 % qu’aurait donnés sa formule de calcul. Les autres livrets complètent le tableau, avec 1,25 % pour le CEL et 2 % pour un PEL ouvert en 2026. Une révision des taux est prévue le 1ᵉʳ février 2027.
Le retournement est réel, mais il ne dit rien de la qualité de l’épargne restante. Un taux national élevé n’est pas un objectif individuel : pour qui veut protéger la valeur de son argent, le rendement réel des livrets compte davantage que la moyenne. Avec 0,18 point de gain réel, le Livret A suit désormais l’inflation sans la devancer. La révision du 1ᵉʳ février 2027 se jouera sur cet écart. Retrouvez aussi notre article sur votre LEP, ce livret réservé aux revenus modestes, pourrait devenir encore plus généreux pour votre épargne.
