Le crédit d’impôt pour les frais d’hébergement en EHPAD va être étendu dès le 1ᵉʳ janvier 2026 : une avancée marquante pour les résidents et leurs familles.
Introduction
Le tarif moyen d’un EHPAD atteint 2 808 € par mois en 2025, dépassant souvent le montant de la retraite du résident. Nombreux sont ceux qui, malgré les aides, doivent vendre leur logement ou compter sur leurs enfants pour financer leur séjour.
Jusqu’à présent, l’avantage fiscal — une réduction d’impôt de 25 % sur certains frais — profitait uniquement aux retraités imposables.
À compter du 25 octobre 2025, cet avantage évolue et se transforme, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, en un crédit d’impôt universel accessible à tous. (Amendement n° I‑1474)
Une réforme importante pour 2026
Jusqu’en 2025, seuls les résidents imposables pouvaient déduire 25 % de leurs frais d’hébergement et de dépendance (« hébergement et dépendance ») dans la limite de 10 000 € de dépenses par an, soit un avantage maximal de 2 500 €.
Dès 2026, le dispositif se transforme en crédit d’impôt universel, ce qui permet d’étendre le bénéfice aux retraités non imposables — une catégorie jusqu’alors exclue.
Le passage à un crédit d’impôt plutôt qu’à une réduction d’impôt permet aux plus modestes — notamment les non‑imposables — de bénéficier directement de l’avantage et non d’être laissés à l’écart faute d’imposition. Cette mesure marque un tournant pour l’équité fiscale.
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Les bénéfices pour les résidents et leurs familles
Même si le coût global de l’EHPAD reste élevé, ce nouveau dispositif apporte plusieurs bénéfices :
- Une prise en compte de tous les résidents, imposables ou non.
- Une réduction du reste‑à‑charge estimée à environ 208 € par mois après annualisation du crédit.
- Une gestion simplifiée pour les familles : l’enfant aidant peut déclarer les dépenses et percevoir le crédit.
- Le dispositif reste cumulable avec les autres aides : APA (allocation personnalisée d’autonomie), ASH (aide sociale à l’hébergement), puis les aides au logement (APL/ALS).
Ce double bénéfice — pour l’aîné et pour le cercle familial — renforce la sécurité financière globale et atténue un peu la pression budgétaire liée à l’entrée en établissement.
Coût, calendrier et modalités d’application
Le coût public de cette réforme passerait de 272 millions € à environ 600 millions € par an, selon les indications du gouvernement. L’amendement, adopté en première lecture, reste soumis au vote définitif du budget 2026 en décembre. Des ajustements sont possibles, notamment une dégressivité selon les revenus.
Le dispositif s’appliquerait pour les dépenses engagées entre le 1ᵉʳ janvier 2026 et le 31 décembre 2027 (avec possibilité de reconduction).
Paramètres techniques
- Taux : 25 % des dépenses d’hébergement et de dépendance
- Plafond annuel : 10 000 € par personne hébergée
- Montant maximum : 2 500 € par an
- Eligibilité : tous les résidents d’EHPAD, imposables ou non
- Cumul possible avec APA, ASH, APL/ALS
L’avantage sera désormais remboursable par l’État même pour les non‑imposables, via chèque ou virement.
Exemples concrets
- Résident non imposable (retraite mensuelle : 1 100 €) : dépenses de 10 000 € → avantage de 2 500 € dès 2026, alors que jusqu’à présent aucun avantage.
- Couple de retraités modestes imposables : dépenses 9 000 € → avantage de 2 250 €.
- Enfant payeur : dépenses 10 000 €, déclarées dans la case 7CE → crédit de 2 500 € sur sa déclaration, soit une réduction d’environ 208 €/mois sur l’aide apportée.
Avec un reste à charge moyen d’environ 1 800 € après aides, ce soutien représente un réel « bouffée d’oxygène » pour les familles les plus modestes.
Comment bénéficier du dispositif ?
Pour profiter de ce crédit d’impôt :
- Conservez toutes les factures d’hébergement et de dépendance délivrées par l’établissement à partir du 1ᵉʳ janvier 2026.
- En janvier 2027 : si vous aviez déjà déclaré des frais en 2025, l’administration vous versera automatiquement 60 % de l’avantage (ex : 2 000 € → 1 200 € versés).
- Printemps 2027 : déclaration des dépenses 2026 sur impots.gouv.fr, rubrique « Dépenses d’accueil dans un établissement pour personnes dépendantes » (case 7CD pour le résident, 7CE pour l’enfant payeur).
- Été 2027 : versement du solde (40 % + ajustement) — par exemple, acompte de 1 200 € + solde de 1 300 € = 2 500 €.
Si plusieurs enfants participent aux frais, chacun déclare sa propre part (case 7CE) et peut bénéficier jusqu’à 2 500 €, à condition de respecter l’obligation alimentaire (art. 205 du Code civil).
Conclusion
Le dispositif de crédit d’impôt EHPAD 2026 corrige une inégalité fiscale persistante en ouvrant l’avantage aux retraités non imposables.
Grâce à cette mesure, un soutien jusqu’à 2 500 € par an pourra être versé, ce qui représente un saut important pour les seniors modestes et leurs familles.
Bien entendu, cette réforme ne supprime pas toutes les contraintes financières liées à l’hébergement en établissement, mais elle apporte une amélioration significative de la sécurité financière et de la dignité des résidents.
Qu’en pensez‑vous ? Vos commentaires sont bienvenus : avez‑vous déjà été concerné par l’entrée en EHPAD ou par cette réforme ?
