Plafond PER 2026 : dans plus d’un cas sur trois, les contribuables laissent passer des milliers d’euros d’avantages fiscaux

Selon Benoît Berchebru, directeur de l’ingénierie patrimoniale du groupe Astoria Finance, dans plus d’un cas sur trois, les contribuables ignorent qu’ils ont des milliers d’euros de plafond PER disponibles, une opportunité fiscale qui s’évapore à chaque fin d’année.

Le PER permet de déduire vos versements volontaires du revenu imposable, mais seul un contribuable sur deux exploite vraiment ce potentiel. Si vous gagnez entre 40 000 et 150 000 € par an, votre plafond annuel non utilisé se situe probablement entre 4 000 et 37 680 €. Cet article vous montre comment lire votre plafond réel, identifier les pièges 2026 et agir avant que vos plafonds 2023 n’expirent définitivement.

Plafond PER 2026 : pourquoi vous ne voyez pas les milliers d’euros qui vous appartiennent

Chaque année, votre plafond PER se calcule automatiquement. Pourtant, la majorité des contribuables ne sait pas ce qu’il contient.

Le mécanisme est le suivant : le plafond PER 2026 correspond à 10 % de vos revenus professionnels perçus en 2025 (Loi de finances 2026). Ce calcul produit des montants très différents selon votre profil.

Pour un salarié aux revenus modestes, le plancher garanti est de 4 710 €, soit 10 % du PASS 2025 (47 100 €), référence applicable aux versements 2026. Pour un salarié standard, le plafond annuel peut atteindre 37 680 € (Loi de finances 2026). Pour un travailleur non-salarié (TNS), le plafond atteint 88 911 € en cumulant 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS 2026) et 15 % du bénéfice compris entre 1 et 8 PASS 2026 — avec un plancher garanti de 4 806 € (10 % du PASS 2026 = 48 060 €).

Ces montants figurent sur votre avis d’imposition, sans explication, c’est là que le problème commence.

Lorsque vous ne versez pas jusqu’à votre plafond annuel, la différence non utilisée se reporte automatiquement sur les trois années suivantes. Ce report silencieux crée une accumulation que vous ne voyez pas et que personne ne vous signale.

Un contribuable qui n’a pas versé sur son PER depuis trois ans peut ainsi disposer d’un plafond cumulé de plusieurs dizaines de milliers d’euros, sans en avoir jamais été informé. Découvrez notre article sur le PER : ce que la réforme 2026 change vraiment… et pourquoi 1 Français sur 2 veut arrêter.

L’urgence cachée : vos plafonds 2023 expirent le 31 décembre 2026, et la nouvelle règle ne vous aide pas

« C’est l’angle mort du PER : dans plus d’un cas sur trois, les clients découvrent qu’ils ont plusieurs milliers d’euros de plafond disponibles, simplement parce que personne ne leur a jamais expliqué comment le lire ni l’exploiter. » Benoît Berchebru, directeur de l’ingénierie patrimoniale, groupe Astoria Finance, 2026.

La loi de finances 2026 a étendu la durée de report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans. C’est une bonne nouvelle mais uniquement pour les plafonds générés à compter du 1ᵉʳ janvier 2026 (Loi de finances 2026, loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9). La mesure n’est pas rétroactive.

Tous les plafonds constitués jusqu’au 31 décembre 2025 restent soumis à l’ancien régime de report sur 3 ans. Ce double régime crée une temporalité que peu de contribuables maîtrisent.

Le calendrier d’expiration est le suivant :

  • Plafonds 2023 : expirent le 31 décembre 2026
  • Plafonds 2024 : expirent le 31 décembre 2027
  • Plafonds 2025 : expirent le 31 décembre 2028
  • Plafonds générés à partir de 2026 : valables jusqu’au 31 décembre 2031

Vos plafonds 2023 disparaissent le 31 décembre 2026.

La règle de consommation aggrave le risque de confusion : le fisc consomme d’abord le plafond de l’année en cours, puis les reports du plus ancien au plus récent. Si vous versez sans avoir identifié vos plafonds anciens, vous pouvez croire avoir tout utilisé, alors que les plafonds 2023 sont toujours là, en train d’expirer.

Benoît Berchebru met en garde contre cette confusion entre anciens et nouveaux plafonds : elle peut entraîner des erreurs de calendrier coûteuses.

Comment récupérer vos milliers d’euros : guide pratique par profil et simulations chiffrées

La première étape est de connaître votre plafond exact. Deux sources officielles vous le donnent : votre avis d’imposition 2025 (rubrique dédiée aux plafonds d’épargne retraite) ou votre espace personnel sur impots.gouv.fr.

Pour déclarer vos versements volontaires, les cases fiscales à utiliser sont les suivantes : case 6NS pour le déclarant 1, case 6NT pour le déclarant 2, case 6NU pour les versements effectués pour des personnes à charge. Les plafonds reportés des années antérieures figurent sur votre avis d’imposition (cases 6PS/6PT) et sont consommés automatiquement par l’administration dans l’ordre légal.

Les couples mariés ou pacsés disposent d’un levier supplémentaire. En cochant la case 6QR, ils peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs. Concrètement, un conjoint avec un faible plafond individuel de 4 710 € peut accéder à plus de 75 000 € de capacité de déduction si l’autre conjoint dispose de plafonds cumulés importants (Benoît Berchebru, Journal de l’Économie, 2026).

Les simulations chiffrées illustrent l’enjeu réel.

Pour un salarié versant 8 000 € sur son PER : l’économie d’impôt est de 3 280 € à une tranche marginale d’imposition (TMI) de 41 %, et de 2 400 € à une TMI de 30 %.

Pour un TNS, l’impact est plus significatif. Un dirigeant en profession libérale avec un bénéfice imposable d’environ 120 000 € disposait de 42 000 € de plafonds PER non utilisés cumulés sur plusieurs années. Un versement volontaire de 30 000 € a généré 12 000 € d’économie d’impôt immédiate, à une TMI de 41 % (Benoît Berchebru, 2026).

Un point d’attention spécifique concerne les contribuables proches de 70 ans. À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, les versements PER ne sont plus déductibles du revenu imposable pour les contribuables ayant atteint 70 ans (Loi de finances 2026, art. 9). Ce profil doit agir avant d’atteindre cet âge pour conserver l’avantage fiscal.

Enfin, rappel sur la fiscalité à la sortie : les retraits en rente ou en capital issus de versements déduits sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 % depuis la LFSS 2026 (contre 17,2 % auparavant).

Cette année 2026 est votre dernière chance de récupérer les plafonds 2023 : ils expirent le 31 décembre, définitivement. La règle des 5 ans s’applique aux plafonds générés à partir de 2026, mais elle ne sauvera pas les plafonds 2023 qui expirent dans 8 mois. Retrouvez aussi notre article sur la retraite : pourquoi attendre le taux plein n’est pas toujours la meilleure stratégie.

Avez-vous vérifié votre plafond PER exact sur impots.gouv.fr, et savez-vous combien d’euros vous pourriez économiser avant le 31 décembre ?

Jacqueline

Experte en entrepreneuriat, offrant des conseils pratiques pour aider les entrepreneurs à développer et réussir leurs entreprises.

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