Réforme des retraites suspendue : partir trois mois plus tôt peut-il vraiment faire baisser votre pension ?

Partir 3 à 6 mois plus tôt grâce à la suspension de la réforme des retraites peut sembler séduisant, mais ce gain de temps peut parfois entraîner une perte financière significative. Avec la suspension de la réforme des retraites, plusieurs générations vont pouvoir avancer leur départ de quelques mois. Les premières concernées sont celles nées en 1964 et 1965. Ainsi, un assuré né en février 1964 pourra partir dès décembre 2026 à 62 ans et 9 mois, contre mars 2027 initialement prévu. Trois mois de gagnés en apparence, mais ce choix n’est pas sans conséquences sur le montant de la pension.

Le piège des 25 meilleures années : attention à l’année 2026

Le montant de la retraite de base repose sur les 25 meilleures années de salaire. Or, pour qu’une année soit prise en compte, elle doit avoir été travaillée intégralement. En partant fin 2026, cette année ne sera donc pas retenue dans le calcul. Si elle faisait partie de vos meilleures années et permettait d’éliminer une mauvaise année de votre carrière, vous y perdriez concrètement. Selon Philippe Bainville, expert à l’Assurance retraite, gommer une mauvaise année peut rapporter entre 15 et 20 € bruts de plus par mois, soit plus de 200 € par an sur 25 à 30 ans de retraite.

Le nombre de trimestres, autre élément décisif

Avez-vous tous vos trimestres pour partir avec le taux plein et éviter une décote ? Pour un salarié né en 1964 partant à 62 ans et 9 mois sans avoir validé suffisamment de trimestres, une décote s’applique et la pension s’établit par exemple à 1 500 €. En travaillant trois mois de plus jusqu’à 63 ans, le gain mensuel est estimé à 50 € selon l’Agirc-Arrco. À l’inverse, pour une pension de 2 000 € versée au taux plein, l’effet d’un départ différé de trois mois est quasiment nul selon le régime complémentaire. Découvrez notre article sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco : la rumeur d’une baisse des pensions en mars est-elle vraie ?

Simuler plusieurs âges de départ avant de décider

Avant de fixer votre date de départ, il est indispensable d’utiliser les simulateurs mis à disposition par votre caisse de retraite. Si vous êtes né en février 1964, comparez par exemple les montants obtenus en partant le 1ᵉʳ décembre 2026, le 1ᵉʳ mars 2027 ou en poussant jusqu’au 1ᵉʳ avril 2027 pour éventuellement bénéficier d’une surcote. Ces quelques mois d’écart peuvent générer des différences de pension significatives sur l’ensemble de la durée de perception, particulièrement pour les assurés proches de la décote.

Le durcissement du cumul emploi-retraite en 2027 à anticiper

Un dernier paramètre mérite attention : les règles du cumul emploi-retraite vont se durcir en 2027. Si vous envisagez de reprendre une activité après votre départ à la retraite, partir dès 2026 pourrait s’avérer plus avantageux que d’attendre l’année suivante. Une donnée supplémentaire à intégrer dans votre simulation avant de prendre une décision définitive sur votre date de départ optimale. Retrouvez aussi notre article sur le PER : coup de pouce fiscal inattendu, vous avez désormais deux ans de plus pour déduire vos versements.

Conclusion

La suspension de la réforme des retraites offre une opportunité de partir quelques mois plus tôt, mais ce gain de temps peut se transformer en perte financière si l’année 2026 fait partie de vos meilleures années ou si une décote s’applique encore à votre dossier. Une simulation personnalisée sur le site de l’Assurance retraite reste indispensable avant toute décision. Êtes-vous concerné par cette suspension et avez-vous déjà simulé l’impact financier d’un départ anticipé ? Donnez votre avis en commentaire.

Jacqueline

Experte en entrepreneuriat, offrant des conseils pratiques pour aider les entrepreneurs à développer et réussir leurs entreprises.

Laisser un commentaire

Dans la même catégorie

Vous avez des questions ou un projet en tête ?

8mars15h40.fr 2025 Tous droits réservés