L’Assemblée nationale a décidé de suspendre la réforme des retraites de 2023. Une mesure qui concerne immédiatement des millions de Français proches du départ à la retraite… mais dont l’avenir reste incertain. Coup de théâtre politique : depuis le 12 novembre 2025, la réforme des retraites est gelée par l’Assemblée nationale. Une suspension provisoire, votée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, qui retarde le passage à 64 ans. Mais ce répit s’accompagne d’une incertitude législative majeure, car le Sénat s’y oppose fermement. Résultat : entre soulagement et prudence, les retraités doivent décrypter ce qui change vraiment pour eux jusqu’en 2028.
L’âge de départ reste à 62 ans et 9 mois
Le principal changement, c’est le gel de l’âge légal de départ, qui reste fixé à 62 ans et 9 mois, au lieu des 64 ans prévus par la réforme initiale. Cette suspension concerne les personnes nées entre 1964 et 1968, qui bénéficient d’un report temporaire de l’application des nouvelles règles. La durée de cotisation reste, elle aussi, figée à 170 trimestres, contre 172 dans la version définitive de la réforme.
Carrières longues et fonction publique : conditions inchangées
Les assurés ayant commencé à travailler tôt ou relevant des catégories actives de la fonction publique peuvent souffler : les règles spécifiques à leur situation ne changent pas pour l’instant. Ils peuvent toujours partir plus tôt, selon les critères anciens. Cette suspension évite donc une double peine pour les actifs concernés par des métiers usants ou pénibles, souvent exposés à une retraite tardive et amputée. Découvrez notre article sur les retraites : voici ce que les retraités nés après 1964 risquent de perdre en 2026.
Une suspension coûteuse mais populaire
Le maintien temporaire des anciens seuils a un coût budgétaire élevé : environ 400 millions d’euros en 2026, et 1,8 milliard d’euros en 2027, selon les estimations gouvernementales. Mais ce geste a été largement salué par les syndicats, en particulier la CFDT, qui y voit une réponse au rejet massif de la réforme dans l’opinion publique. En toile de fond, il s’agit aussi de préparer un nouveau débat sur la retraite d’ici 2027.
Le Sénat bloque la suspension : l’incertitude persiste
Le 25 novembre 2025, le Sénat a rejeté la suspension en votant pour le maintien de la réforme initiale. Pour les sénateurs, revenir en arrière serait une erreur politique. Cette opposition franche entre les deux chambres crée une situation de blocage : le texte doit maintenant repasser devant l’Assemblée. Mais rien ne garantit qu’il sera validé à nouveau. Cette instabilité complique la projection des futurs retraités.
Ce qui est gelé… et ce qui ne l’est pas
Actuellement, seuls les assurés nés entre 1964 et 1968 sont concernés par la suspension. Pour eux, le report progressif à 64 ans est stoppé. Pour les personnes nées après 1968, la réforme reste en vigueur : l’âge légal pourrait atteindre 64 ans, avec 172 trimestres de cotisation nécessaires. Si aucun nouveau texte n’est voté d’ici janvier 2028, la réforme 2023 reprendra automatiquement ses effets. Découvrez également notre article sur la carrière longue : l’âge exact auquel vous pouvez partir malgré la réforme suspendue.
Conclusion
La suspension de la réforme offre une bouffée d’oxygène temporaire pour plusieurs générations. Mais tout dépend désormais de la suite du bras de fer entre Assemblée et Sénat. Faut-il déjà planifier sa retraite sur ces bases, ou rester prudent ? À vous de réagir en commentaire et de partager votre point de vue.
