Alors que l’Assemblée nationale débat du budget de la Sécurité sociale, un amendement porté par les députés LFI, et en particulier Aurélien Le Coq, suscite la controverse. L’objectif : exclure les fonctionnaires du gel de l’indexation des retraites sur l’inflation, une mesure que le gouvernement envisage d’appliquer à tous les retraités.
Une stratégie politique assumée
Pour LFI, la retraite des agents publics est intouchable. À travers cet amendement, les députés insoumis entendent s’opposer à ce qu’ils estiment être une injustice fiscale, tout en accusant le gouvernement de favoriser les plus riches au détriment des retraités.
« Le gouvernement préfère ponctionner les retraités plutôt que de revenir sur les cadeaux fiscaux au CAC 40 », a dénoncé Aurélien Le Coq.
Problème : la mesure proposée ne serait pas financée, et coûterait environ 750 millions d’euros selon ses auteurs, un chiffrage qui n’a pas été précisément justifié.
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Un régime public déjà très avantageux
Cette volonté de maintenir une indexation intégrale interroge, d’autant que le régime de retraite des fonctionnaires est déjà l’un des plus soutenus par les finances publiques. Comme le rappelle la Cour des comptes, les pensions des agents de l’État ne sont pas financées par une caisse dédiée, mais directement par le budget général, à hauteur de 45,1 milliards d’euros en 2023.
Quelques comparaisons :
- Taux de cotisation réel : 78 % dans le public civil, 126 % chez les militaires, contre 16,46 % dans le privé
- Pension calculée sur les six derniers mois, contre les 25 meilleures années dans le privé
- Départ plus précoce à la retraite
- Montant garanti à 75 % du traitement brut après carrière complète
Une réforme déguisée en privilège social
En demandant une indexation maintenue pour une seule catégorie, les députés LFI creusent un peu plus l’écart entre les retraités du public et du privé. Alors que les salariés du privé cotisent pour deux systèmes – le leur et celui des agents de l’État – ce type de mesure accentue le sentiment d’injustice et de déséquilibre entre régimes.
Et surtout, dans un contexte budgétaire contraint, ces amendements apparaissent déconnectés des capacités de financement de l’État, sans réelle proposition de recettes nouvelles.
Qu’en pensez-vous ?
Plutôt que d’ouvrir un vrai débat sur l’unification ou l’équité des régimes de retraite, certains députés préfèrent préserver des avantages acquis coûteux, au risque d’alimenter les fractures sociales. La retraite des fonctionnaires est-elle devenue un tabou politique ?
Que pensez-vous de cette exception voulue par LFI ? Doit-on continuer à protéger certains régimes plus que d’autres ? Partagez votre point de vue en commentaire.
