Dès qu’on explique le fonctionnement de l’épargne retraite, l’intérêt des Français bondit de 48 % à 74 % : le manque d’information est le principal frein.
Le constat sort d’une étude du Boston Consulting Group (BCG) publiée en septembre 2026, menée auprès de plus de 6 000 personnes réparties entre la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Sur l’échantillon français, 48 % des répondants connaissent les solutions individuelles d’épargne retraite, et 26 % en détiennent une.
C’est aussi le regard d’un acteur de poids. Créé en 1963 à Boston par Bruce Henderson, ancien élève de la Harvard Business School, le Boston Consulting Group compte parmi les leaders mondiaux du conseil en stratégie, rappelle le site Consultor.
Une méconnaissance qui freine l’épargne
Le premier enseignement du BCG porte sur l’information. Moins d’un Français sur deux connaît les produits individuels qui servent à préparer financièrement la retraite. Les dispositifs collectifs proposés par l’employeur restent encore moins identifiés.
Cette ignorance a un coût. Elle conduit une partie des actifs à consacrer une part trop faible de leur patrimoine à cet objectif, sans même en avoir pleinement conscience. Découvrez notre article sur la retraite complémentaire : ce changement attendu le 1ᵉʳ novembre pourrait modifier votre pension Agirc-Arrco.
Le marché français s’est pourtant structuré. Le plan d’épargne retraite (PER), créé par la loi Pacte en 2019, permet d’effectuer des versements volontaires et, sous conditions, de choisir entre une sortie en capital ou en rente.
L’information fait basculer l’intérêt
Une fois les mécanismes expliqués, la perception change nettement. Dans l’échantillon du BCG, 74 % des Français se disent alors intéressés par les solutions d’épargne retraite privée.
Le désir d’agir suit. Les répondants souhaiteraient augmenter en moyenne de 10 points la part de leur épargne consacrée à cet objectif, une intention exprimée après explication des produits, sans hausse automatique des versements.
Pour s’informer, les épargnants se tournent de plus en plus vers Internet et les outils d’intelligence artificielle, un réflexe marqué chez les jeunes générations. Chercher une réponse ne remplace pas un conseil ajusté à son profil.
Le conseil professionnel, grand absent du déclic
L’étude souligne un décalage. En France, 17 % seulement des répondants indiquent qu’un échange avec un banquier, un assureur, un courtier ou un conseiller en gestion de patrimoine a déclenché leur démarche.
Le sentiment d’impréparation reste élevé. Selon le BCG, 80 % des moins de 65 ans disposant de moins de 250 000 euros d’actifs s’estiment mal préparés pour la retraite. Au-delà de ce seuil, la proportion tombe à 49 %, sans faire disparaître l’inquiétude.
Avant de souscrire, l’épargnant a donc intérêt à comparer les frais, les supports proposés et les conditions de sortie. La fiscalité fait partie des éléments à étudier en amont. Retrouvez aussi notre article sur le budget 2027 : pas de hausse d’impôts pour tous, mais plusieurs niches fiscales pourraient être rabotées.
Le message de l’étude tient en une phrase : la compréhension des produits est le vrai levier. Une fois les mécanismes expliqués, une majorité de Français se dit prête à épargner davantage pour sa retraite.
