Un livret affiché à 4,50 % peut au final rapporter 1,93 % net la première année. Deux lignes expliquent l’écart : le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % et la durée réelle du taux d’appel.
Depuis que la Banque centrale européenne a porté son taux de dépôt à 2,50 %, en juin puis en septembre 2026, les banques rivalisent d’offres de bienvenue. Livrets boostés, superlivrets, comptes à terme : les gros taux s’affichent partout.
Face à une vitrine qui promet 4,50%, le réflexe est de comparer les offres au chiffre affiché. C’est précisément ce chiffre qui trompe.
Le calcul qui fait chuter un 4,50% à 1,93% net
L’offre de Distingo Bank, la marque de dépôts de Stellantis lancée en 2013, est la plus parlante. Jusqu’au 30 octobre, son livret affiche 4,50% brut pendant trois mois, dans la limite de 200 000 euros, avant de retomber à 2,25%.
Premier correctif : 4,50% n’est qu’un taux d’appel. Sur une année complète, le taux brut moyen redescend à 2,81 %. Second correctif : ces intérêts subissent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4%. Au final, le rendement net atteint 1,93 % la première année.
Le livret A, lui, rapporte 1,70 % depuis le 1ᵉʳ août, et il est totalement exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux. Sarah Zamoun, directrice de Distingo Bank, admet d’ailleurs que son livret fait simplement « un meilleur rendement que le livret A ». Retrouvez notre article sur ce livret aux taux boostés complète le Livret A, mais 8 épargnants sur 10 n’en ont jamais entendu parler.
La même règle s’applique à toutes les offres de bienvenue
Le réflexe vaut pour l’ensemble du marché. Le livret Zesto de Renault Bank propose 3,10 % pendant six mois, dans la limite de 100 000 euros, puis 2,20%. Cashbee affiche 3,50 % sur deux mois seulement, plafonné à 200 000 euros, avant de revenir à 2,50%.
Certaines banques en ligne, comme BforBank, Hello bank!, Fortuneo ou Monabanq, réservent leurs taux boostés aux clients qui détiennent déjà un compte courant. Un critère de plus à lire avant de comparer.
Les comptes à terme n’échappent pas au piège. BNP Paribas propose 4 % brut sur trois mois, pour un placement entre 5 000 et 200 000 euros, soumis lui aussi au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. À titre de repère, les fonds monétaires ne rapportent que 1,84 % brut sur douze mois, d’après Quantalys.
Chez Distingo Bank, le compte à terme demande un dépôt minimum de 1 000 euros, plafonné à 100 000 euros. Le livret, lui, affiche 0 euro de frais d’ouverture, de retraits, de tenue de compte et de clôture. Des conditions propres, qui ne changent rien à l’essentiel : c’est le net qui décide.
Trois chiffres à lire avant de comparer
Pour ne plus se faire piéger, trois lignes suffisent.
Le taux net : retrancher 31,4% du brut annoncé. La durée réelle du taux d’appel : un 4,50% sur trois mois puis 2,25% ne vaut pas un 4,50% stable sur un an. Le plafond de dépôt : au-delà de 200 000 euros, le surplus ne profite plus du taux affiché.
Le livret A reste le repère. Plafonné à 22 950 euros et exonéré d’impôt, il pourrait atteindre 2,50% dès le 1ᵉʳ février, selon Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne. D’ici là, comparer une offre de bienvenue exige de lire le net, jamais le chiffre en vitrine.
C’est le seul réflexe qui permet de distinguer un vrai bon plan d’un simple produit d’appel. Retrouvez aussi notre article sur le Livret A rapporte plus d’un milliard d’euros par an aux banques, pas seulement à l’intérêt général.
