Être propriétaire peut coûter cher le jour où l’on perd son conjoint : la pension de réversion est soumise à un plafond de ressources, et le patrimoine immobilier entre dans le calcul.
La pension de réversion, c’est la part de retraite que touche le conjoint survivant après le décès de son époux ou épouse. Dans le régime général des salariés, son versement n’est pas automatique. Il dépend d’une condition de ressources : les revenus du survivant ne doivent pas dépasser un certain plafond pour ouvrir droit à la pension, ou pour la conserver entière.
Et c’est là que le patrimoine immobilier change la donne. Un appartement mis en location, une résidence secondaire ou un terrain peuvent gonfler les ressources retenues par la caisse de retraite et, au-delà d’un seuil, réduire la pension de réversion, voire la faire disparaître.
À lire aussi : Ce que les retraités propriétaires ignorent peut leur coûter leur pension de réversion.
À lire aussi : Être propriétaire rassure pour la retraite, mais votre maison peut bloquer la pension de réversion.
Une pension de réversion sous condition de ressources
La pension de réversion du régime général est réservée aux conjoints survivants dont les ressources annuelles restent sous un plafond, réévalué chaque année. Quand les ressources dépassent le seuil, la caisse applique un écrêtement : la pension n’est pas forcément supprimée d’un bloc, elle est réduite du montant du dépassement.
La caisse ne s’arrête pas à la pension de retraite du survivant. Elle additionne les revenus d’activité, les autres pensions, les revenus de capitaux et, surtout, une partie du patrimoine.
Ce que votre patrimoine immobilier pèse vraiment
La résidence principale n’entre pas dans le calcul. Vivre dans son logement ne vient pas amputer la pension de réversion. En revanche, les autres biens immobiliers sont retenus : une maison de famille, un appartement loué, un terrain.
Ces biens sont évalués par la caisse, en général à hauteur de 3 % de leur valeur. Pour un bien en location, ce sont les loyers réellement perçus qui peuvent être retenus s’ils sont supérieurs à ce forfait. Un patrimoine modeste peut donc peser lourd dans les ressources retenues.
Comment vérifier votre situation avant la mauvaise surprise
La règle exacte dépend du régime de retraite du défunt, de l’année du décès et du plafond en vigueur. Le plus sûr reste de simuler sa situation auprès de l’Assurance retraite ou de consulter la fiche du service public consacrée à la pension de réversion. Les barèmes évoluent chaque année, et un chiffre périmé fausse tout le calcul.
Pour un veuf ou une veuve propriétaire, le réflexe est le même : ne pas attendre la notification de la caisse pour se poser la question. Un bien immobilier que l’on croyait neutre peut, selon sa valeur et les revenus du foyer, faire basculer la pension de réversion d’un côté ou de l’autre du plafond.
