Désindexation en janvier, hausse d’impôt en septembre : le double coup prévu pour les pensions dépassant 1250 €

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit deux baisses successives pour les pensions au-dessus de 1250 euros : une désindexation en janvier, puis un rabot de l’abattement fiscal qui se solderait par une hausse d’impôt en septembre.

Toucher 1250 euros de pension par mois ne classe personne parmi les retraités aisés. C’est pourtant autour de ce seuil que le gouvernement a bâti deux mesures d’économies, présentées début octobre dans son budget.

Deux mécanismes, deux calendriers espacés de huit mois. Les pensionnés concernés pourraient voir leur revenu s’éroder en deux temps.

Janvier : une revalorisation qui décroche de l’inflation

La première mesure porte sur la revalorisation des pensions au 1ᵉʳ janvier 2027. Le gouvernement prévoit de la sous-indexer par rapport à l’inflation pour réduire le déficit.

Le projet de loi de finances distingue trois catégories de retraités selon le montant global de leurs pensions, de base et complémentaires confondues. Les pensions modestes, sous 1260 euros par mois, seraient revalorisées exactement à hauteur de l’inflation. Pour la tranche intermédiaire, entre 1260 et 2000 euros, et pour les revenus supérieurs à 2000 euros, le gouvernement se réserve le droit d’appliquer des taux réduits, voire nuls.

Dans l’hypothèse la plus dure, où toutes les pensions au-delà de 1260 euros seraient gelées, seuls 33 % des retraités toucheraient une hausse alignée sur l’inflation. Les 67 % restants verraient leur pension inchangée, avec un manque à gagner de plusieurs dizaines d’euros par mois. Découvrez notre article sur la retraite 2026 : vivre seule change le calcul du minimum, et c’est ce détail que beaucoup laissent passer.

Septembre : l’abattement fiscal raboté, l’impôt qui remonte

La seconde mesure touche l’impôt, pas la revalorisation. Le gouvernement compte abaisser le plafond de l’abattement de 10 % appliqué aux pensions, en le ramenant à 3000 euros.

Tous les foyers dont les pensions dépassent 30 000 euros par an seraient perdants. Ce montant correspond à 2500 euros de pensions mensuelles. Pour un couple, ce sont les pensions cumulées des deux conjoints qui seraient prises en compte : deux retraités touchant plus de 1250 euros chacun pourraient donc être concernés.

La hausse d’impôt se matérialiserait lors de la mise à jour du taux de prélèvement à la source, en septembre. Plus les revenus dépassent le seuil, plus l’impact serait net, avec une pension versée après impôt en baisse.

Deux seuils quasiment identiques, un étau qui se resserre

Les deux mesures ont aussi des seuils quasiment identiques. La désindexation vise les pensions au-delà de 1260 euros par mois ; le rabot de l’abattement fiscal touche les couples à plus de 1250 euros par tête, soit 2500 euros cumulés. Deux chiffres voisins, qui dessinent un même public.

La piste n’est pas sortie de nulle part. L’Union évoquait dès le 1ᵉʳ octobre une désindexation pour les retraités au-delà de 1260 euros par mois. L’Institut des politiques publiques (IPP) a chiffré l’économie de la mesure à 6,6 milliards d’euros bruts, ramenés à 5,2 milliards nets.

Aucune de ces deux mesures n’est votée. Elles doivent encore passer le débat parlementaire sur le budget 2027, et les taux exacts de revalorisation ne sont pas arrêtés. Le principe, lui, est posé : au-dessus de 1250 euros, le pouvoir d’achat des pensions se joue en deux rendez-vous. Retrouvez aussi notre article sur la hausse Agirc-Arrco arrive en novembre : ce que ça change pour 14 millions de retraités du privé.

Jacqueline

Experte en entrepreneuriat, offrant des conseils pratiques pour aider les entrepreneurs à développer et réussir leurs entreprises.

Laisser un commentaire

Dans la même catégorie

Vous avez des questions ou un projet en tête ?

8mars15h40.fr 2025 Tous droits réservés