Le PER bancaire offre une exposition 100 % marchés financiers, le PER assurance sécurise une partie du capital via le fonds en euros : l’un n’est pas meilleur que l’autre, tout dépend de votre profil et de votre horizon d’épargne.
Depuis la loi Pacte de 2019, le PER a remplacé les anciens dispositifs de retraite complémentaire, PERP, contrat Madelin, PERCO. Mais il existe deux architectures radicalement différentes : bancaire et assurance.
PER bancaire vs PER assurance : les différences structurelles qui changent tout
Le PER bancaire fonctionne comme un compte-titres. Il n’offre aucun fonds en euros à capital garanti. Seuls des supports en valeurs mobilières sont accessibles : actions, ETF, OPCVM. Votre épargne est 100 % exposée aux marchés financiers.
Le PER assurance repose sur un modèle calqué sur l’assurance-vie. Il propose deux types de supports : le fonds en euros, à capital garanti, et les unités de compte, plus risquées mais potentiellement plus rentables.
Sur le fonds en euros, une précision s’impose. Le capital est garanti, mais le taux de rendement ne l’est pas. Il est décidé chaque année par l’assureur, en fonction de ses résultats et de la conjoncture obligataire.
Dans les deux cas, l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite. Les exceptions légales sont strictement encadrées : invalidité, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, expiration des droits au chômage, surendettement, cessation d’activité non salariée, et achat de la résidence principale.
La différence fiscale en cas de décès est souvent négligée, et pourtant décisive. Avec un PER bancaire, les sommes intègrent systématiquement la succession classique, soumise aux droits de succession selon le lien de parenté. Avec un PER assurance, les capitaux transmis bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire si le décès survient avant 70 ans (hors succession), puis d’un abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus après 70 ans. Découvrez notre article sur le PER : Comment savoir si il reste bien financièrement pour mon cas personnel ?
Lequel rapporte le plus ? Les chiffres 2025 qui tranchent
Le rendement moyen des fonds en euros des PER s’établit à 2,60 %-2,65 % en 2025, nets de frais de gestion et bruts de prélèvements sociaux (France Assureurs / Fact & Figures). C’est une progression nette par rapport à 2022, où ce même rendement oscillait entre 1,9% et 2%. La trajectoire est nette : 2,5% en 2023, 2,50% en 2024, 2,60%-2,65% en 2025, le plus haut depuis 2014.
Les meilleurs contrats font nettement mieux. Les fonds euros de PER les plus performants affichent des rendements compris entre 3,50% et 4,50 % nets de frais de gestion en 2025, avant prélèvements sociaux. À titre d’illustration : Garance Vivacité PER à 4,50 %, PER Celebea Retraite à 4,25 %, Corum Life à 4,10 % (sous contrainte d’allocation à 25 % maximum du contrat), Perivie à 4,00 %, Carac à 3,55 %, MAIF PER à 3,05%.
Deux raisons structurelles expliquent cet écart avec les fonds euros classiques. Les sommes bloquées jusqu’à la retraite permettent à l’assureur d’investir sur des horizons plus longs et dans des actifs moins liquides. Le cadre réglementaire des PER est aussi plus favorable aux actions qu’un fonds classique davantage investi en obligations.
Attention toutefois : certains fonds euros de PER affichent des rendements plus élevés que la moyenne des fonds euros d’assurance vie, mais ce n’est pas une règle générale. Les écarts entre contrats sont considérables, du simple au double, et le taux affiché peut masquer des conditions d’accès strictes (part minimale en unités de compte, versement initial élevé).
Le rendement réel mérite d’être regardé en face. Avec une inflation 2025 à 0,9 % (INSEE) et des prélèvements sociaux à 17,2 %, le rendement réel des fonds euros PER se situe autour de +1,3% à +1,75 % selon les contrats, positif pour la première fois depuis plusieurs années.
Le PER bancaire, lui, n’offre pas de plancher garanti. Son potentiel de rendement est supérieur sur le long terme grâce à l’exposition actions, mais sa volatilité est réelle. Il est adapté aux profils dynamiques disposant d’un horizon d’épargne de 15 ans et plus.
Quel PER choisir selon votre profil ? Le guide pratique
Le PER bancaire s’adresse aux profils dynamiques. Salariés ou indépendants avec un horizon de 15 à 20 ans avant la retraite, capables d’accepter que leur épargne fluctue d’une année sur l’autre. L’exposition aux marchés financiers est totale, sans filet de sécurité.
Le PER assurance convient davantage aux profils prudents et intermédiaires. La possibilité d’allouer une partie de l’épargne au fonds en euros permet de sécuriser progressivement le capital, notamment à l’approche de la retraite. Cette flexibilité d’allocation est absente du PER bancaire.
Le PER bancaire reste marginal sur le marché : son encours (~41 Mds€) représente environ la moitié de celui des PER assurance (~78 Mds€). La quasi-totalité des contrats distribués en ligne sont des PER assurance.
La comparaison entre contrats reste indispensable. Les performances varient sensiblement d’un contrat à l’autre. Les frais de gestion, les conditions d’accès au fonds en euros, les conditions de déblocage anticipé et la qualité du service client sont des critères à examiner au même titre que le rendement affiché.
Le PER bancaire n’est pas systématiquement plus performant que le PER assurance : tout dépend de votre capacité à supporter la volatilité et de votre horizon d’épargne. Avec les taux des fonds euros qui retrouvent des niveaux attractifs, entre 2,60% et 4,50% en 2025 selon les contrats, le PER assurance constitue une option sérieuse, y compris pour les profils qui n’évitent pas le risque. Retrouvez aussi notre article sur la retraite : excellente nouvelle pour les Français nés avant 1971, voici ce qui va changer pour eux cet été.
Avez-vous 15 ans ou plus avant la retraite et acceptez-vous de voir votre épargne fluctuer ? Le PER bancaire peut être votre meilleur allié. Dans le cas contraire, un PER assurance bien choisi vous rapportera davantage, en rendement comme en tranquillité d’esprit.
